Évaluation du Programme d'agrément et de garantie

Lire un résumé du Sommaire de l’évaluation du Programme d’agrément et de garantie


1. Introduction

1.1 But de l’évaluation

Le présent rapport fait état des résultats de l’évaluation du Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains.

L’évaluation a été effectuée conformément à la Politique sur les résultats du Conseil du Trésor, qui exige que les ministères mesurent et évaluent leur rendement et utilisent les renseignements obtenus pour gérer et améliorer les programmes, les politiques et les services. L’équipe des Services d’audit et d’évaluation de la Commission canadienne des grains a mené cette évaluation pendant l’exercice 2024-2025, dans le cadre du plan d’audit et d’évaluation axé sur les risques de la Commission canadienne des grains. L’évaluation a porté sur les questions suivantes :

  • la pertinence;
  • le rendement;
  • l’efficacité et l’amélioration.

En outre, le responsable des processus organisationnels a cerné les domaines d’intérêt suivants :

  • les lacunes dans les politiques ou les processus au sein des unités d’agrément, d’audit et de conformité du programme;
  • des améliorations de l’efficacité du programme et la question de savoir si des mises à jour à la structure du programme et à l’utilisation des ressources au sein du programme permettraient d’y arriver;
  • l’examen des difficultés dans la collecte opportune de la documentation exacte requise (notamment, des formulaires, des rapports, des certificats et des renseignements financiers) de la part des titulaires de licence, conformément aux exigences en matière de licences qui ont à l’heure actuelle une incidence sur les ressources et la rapidité des opérations;
  • des recommandations sur certaines procédures quant à l’audit des licences et à l’évaluation du risque;
  • la détermination d’activités non liées aux résultats du programme à l’appui d’autres domaines ou initiatives de la Commission canadienne des grains.Note de bas de page 1

Un audit interne des activités d’agrément et de conformité a été réalisé en 2012, et il y est fait référence dans ce rapport. Au moment de rédiger ce document, un certain nombre de projets importants en lien avec ce programme ne figuraient pas dans l’échéancier relatif à l’évaluation, car ils étaient en cours ou aux premières étapes, y compris la modernisation de l’agrément, les examens externes des modèles et l’examen de réglementation. Les conclusions et les recommandations issues de l’évaluation visent à orienter les décisions actuelles et futures liées au programme et aux politiques. La liste complète des constatations, recommandations et plans d’action de la direction se trouve à l’annexe 1.

1.2 Portée de l’évaluation

Cette évaluation, menée durant l’exercice 2024-2025, englobait les unités d’agrément, d’audit et de conformité du programme. Les activités de l’unité des wagons de producteurs ont été exclues de cette évaluation. Des renseignements historiques pertinents provenant de diverses sources dont la loi, les documents d’orientation et les articles de presse ont été consultés afin d’orienter la présente évaluation. Les données du programme de la période entre 2018 et 2024 ont été analysées. La portée de l’évaluation inclut l’évaluation du programme dans l’actuel format imposé par la loi. Aucun autre modèle de protection du producteur n’a été examiné.

2. Profil du programme

2.1 Contexte

Le travail de la Commission canadienne des grains profite aux producteurs de grain canadiens, à d’autres intervenants du secteur des grains et à l’ensemble de la population canadienne dans un secteur des grains concurrentiel et en constante évolution. L’un des aspects importants du secteur des grains au Canada est la protection des producteurs. Le Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains joue un rôle de soutien vital du mandat de l’organisation tel qu’il est défini dans la Loi sur les grains du Canada (la Loi), soit « […] de fixer et de faire respecter, au profit des producteurs de grain, des normes de qualité pour le grain canadien et de réglementer la manutention des grains au Canada afin d’en assurer la fiabilité sur les marchés intérieurs et étrangers »Note de bas de page 2. Le programme appuie par ailleurs le principal but de l’organisation, soit faire en sorte que les producteurs soient dûment rémunérés pour leur grain.

Le pouvoir du programme découle de la Loi et du pouvoir qui lui est délégué par la Commission. Dans le règlement administratif no 5Note de bas de page 3, adopté en 2022 et modifié le 27 juin 2025, la Commission délègue au Programme d’agrément et de garantie certains pouvoirs, attributions et fonctions à exécuter en son nom.

La Loi exige de la plupart des compagnies céréalières qui traitent ou manutentionnent du grain cultivé dans l’Ouest canadien, notamment les exploitants de silos et les négociants en grains, qu’elles obtiennent une licence.

Ce cadre de délivrance des licences établit et maintient des normes de qualité et de salubrité des grains. La Loi établit les catégories de licences suivantes :

  • silo primaire (pour les silos qui reçoivent le grain directement des producteurs);
  • silo de transformation (pour les silos qui transforment le grain);
  • silo terminal (pour les silos qui reçoivent le grain de silos primaires ou d’autres silos terminaux);
  • négociant en grains.

Les titulaires de licence (compagnies céréalières et négociants) doivent demander la licence appropriée, et soumettre la justification appropriée et le paiement des frais connexes. Une fois titulaires de licences, ils doivent respecter les règlements et les normes, fournir des rapports précis sur le commerce des grains et tenir à jour les registres et la documentation.

En outre, les compagnies céréalières agréées doivent verser une garantie (sous forme de cautionnement, de lettre de crédit ou de garantie, d’assurance des comptes créditeurs ou une combinaison de ces instruments) au montant précisé par la Commission canadienne des grains. Le montant de la garantie requise pour chaque licence (qu’il s’agisse de la première demande ou d’autres cas) dépend des prédictions quant au volume de grain et du prix vérifié par tonne ainsi que des données financières et de la cote de risque financier de la compagnie. Une fois la licence obtenue, les cotes de sécurité requises sont examinées au moyen des rapports mensuels sur le passif envers les producteurs. En cas de défaut de paiement, la garantie détenue par la Commission canadienne des grains est utilisée pour indemniser les producteurs admissibles pour les livraisons de grain impayées.

Le Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains joue un rôle vital dans le maintien de la stabilité et de la fiabilité du réseau de manutention des grains du Canada. En appliquant des exigences rigoureuses relativement à la délivrance de licences et en offrant des mesures de protection financière, la Commission canadienne des grains favorise l’égalité de traitement entre les producteurs de grain et atténue les risques éventuels.

2.2 Objectifs du programme

Les principaux objectifs du programme sont :

  • agréer les négociants en grains et les silos à grains admissibles afin de favoriser un paiement équitable, au moyen d’un classement et de déductions équitables;
  • fournir une protection financière aux producteurs de grain admissibles contre le défaut de paiement;
  • réaliser le programme de la qualité des grains de la Commission canadienne des grains.

Modèle logique du programme

Un modèle logique est une feuille de route visuelle sur la façon dont le programme devrait atteindre les résultats visés. Il illustre les relations causales prévues entre les activités, les extrants et les résultats du programme. Le modèle logique du programme de la figure 1 a été élaboré conjointement par l’évaluateur et le groupe de travail de l’évaluation. Il décrit les activités et les extrants du programme ainsi que les résultats à court et à long terme.

Figure 1  Modèle logique du Programme d’agrément et de garantie

Les données suivent
Description textuelle et notes de bas de page

Modèle logique Programme d’agrément et de garantie

ActivitésNote de bas de page 1

  • Déterminer les exigences en matière d’agrément et veiller à ce que les exploitants de silos Note de bas de page 2 et les négociants en grains satisfassent aux exigences en matière d’agrément et de garantie.
  • Prendre des mesures d’atténuation des risques et assurer une surveillance continue afin de disposer d’une garantieNote de bas de page 3 suffisante et de réduire le risque que les producteurs ne soient pas dûment rémunérés pour leur grain.
  • Appuyer le programme en matière de conformité et d’application de la loi.
  • Gérer la protection du paiement (au moyen de la garantie déposée) aux producteurs en cas de défaut de paiement de la part d’une compagnieNote de bas de page 4 céréalière agréée.

Extrants

  • Licences délivrées aux exploitants de silos et aux négociants en grains.
    Appui aux arrêtés pris par la Commission (exemption, révocation, suspension, augmentation de la garantie, etc.).
  • Audits des titulaires de licence, examens des documents de travail, plans d’action de la direction, examens financiers, examens qualitatifs.
    CommunicationsNote de bas de page 5 à l’intention des producteurs.
  • Traitement des cas de non-conformité des titulaires de licence.Note de bas de page 6
  • Indemnisation (au moyen de la garantie déposée) des producteurs en cas de défaut de paiement de la part d’une compagnie céréalière agréée.

Résultats

  • Les producteurs sont conscients des avantages liés à la livraison à des compagnies céréalières agréées.
    La liste des compagnies céréalières agréées est accessible au public sur le site Web de la Commission canadienne des grains.
  • Le risque associé aux défauts de paiement d’une compagnie céréalière est réduit.
  • Les producteurs et les titulaires de licence connaissent leurs droits et leurs responsabilités dans le cadre du programme.

Résultat à long terme

  • Les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain.

2.3 Description et activités du programme

Le Programme d’agrément et de garantie compte trois unités principales : Agrément, Audit et Conformité. Ces trois unités administrent le programme en étroite collaboration.

Les principales activités de l’unité d’agrément comprennent la détermination de l’admissibilité à l’agrément des demandeurs de compagnies céréalières, la délivrance et le renouvellement des licences ainsi que la surveillance du risque lié au paiement aux producteurs en comparant les passifs déclarés à la garantie versée. Les décisions relatives à l’agrément demeurent du ressort de la Commission, qui a le pouvoir discrétionnaire absolu dans ce domaine, et qui n’a aucune obligation de délivrer ni de renouveler une licence.

Les principales activités de l’unité d’audit incluent la réalisation d’audits et l’examen du document de travail des silos et des négociants en grains agréés. Il s’agit également d’examiner les états financiers des titulaires de licences afin de déterminer la cote de risque financier de chaque compagnie. Cette cote sert à déterminer la garantie des personnes qui font leur première demande ainsi qu’à ajuster ou à maintenir les exigences continues en matière de sécurité, et aide à déterminer un plan d’audit fondé sur les risques et d’autres mesures d’atténuation des risques.

Le rôle principal de l’unité de conformité consiste à mener des enquêtes sur les plaintes de la part de producteurs ou de titulaires de licence, afin d’aider les producteurs à recevoir une indemnisation juste pour leurs livraisons de grains. Ce pouvoir d’enquêter est détenu par la Commission et a été délégué au programme par le règlement administratif no 5.

L’unité de conformité soutient également les unités d’agrément et d’audit en faisant le suivi lorsque les titulaires de licence ne soumettent pas à temps les documents requis ou les renseignements. Les plaintes peuvent être acheminées à l’unité de conformité au besoin pour faire en sorte que les titulaires de licence se conforment à la Loi, au Règlement, aux arrêtés et aux politiques. Selon la Loi, le fait de contrevenir à une disposition de la Loi ou du Règlement ou à un arrêté de la Commission constitue une infraction réglementaire (quasi criminelle) et est accompagné de la possibilité de poursuites (voir le paragraphe 107[2] de la Loi). La Commission canadienne des grains peut recommander qu’une affaire fasse l’objet d’une poursuite; toutefois, la décision d’intenter une poursuite (ou non) incombe uniquement au Service des poursuites pénales du Canada.

Lorsqu’un titulaire de licence omet ou refuse de payer un ou des producteurs et qu’une plainte en matière de garantie est déposée, les trois unités du Programme d’agrément et de garantie collaborent étroitement pour déterminer les plaintes de producteur qui sont admissibles à une indemnisation et au total qui pourrait être admissible à l’indemnisation. L’unité d’audit dirige le processus de plaintes et mène un audit final afin de déterminer si les producteurs ont des passifs non réglés. L’unité d’agrément réalise la garantie versée. Les unités d’agrément et d’audit collaborent avec le receveur de syndic de faillite, si on en a nommé un. L’unité d’agrément reçoit les appels des demandeurs et aide à la collecte des documents requis pour le processus de réclamation.

2.4 Ressources et financement du programme

Le programme fait partie de la division Services à l’industrie et relève du directeur de cette division. D’après les discussions avec le personnel du programme, ce dernier a évolué au fil du temps. En 2012, le programme comptait approximativement 14 employés et 2 employés occasionnels. À la suite du réaménagement des effectifs, en 2013, ce nombre est passé à environ 7 employés. Depuis, l’industrie céréalière a évolué, et les activités du programme ont également évolué. Étant donné que les structures et les modes d’opération des compagnies céréalières se sont de beaucoup complexifiés, les ressources des programmes devaient s’assurer que le programme d’agrément était appliqué de manière appropriée. L’évaluation des exigences relatives à la délivrance de licences est devenue de plus en plus longue et complexe, et s’ajoute à la charge de travail administrative et analytique du programme. La surveillance et les audits des titulaires de licence deviennent de plus en plus rigoureux, car les compagnies doivent fournir davantage de renseignements financiers détaillés. En outre, les responsables du programme appliquent la loi et la politique de manière plus rigoureuse. Plusieurs politiques ont été élaborées.

Au moment de la présente évaluation, 18 employés au total travaillaient au programme et il y avait 2 postes vacants :

  • gestionnaire de programme;
  • conseiller principal en programmes (propriétaire de produit pour le projet de modernisation de la délivrance de licences);
  • 6 employés à l’unité d’agrément;
  • 8 employés à l’unité d’audit;
  • 2 employés à l’unité de conformité.

Le programme reçoit un important soutien des équipes des Communications et de Politiques et planification, ainsi que du conseiller juridique et de la Commission. L’équipe des Finances fournit également du soutien en termes d’établissement et de perception des droits. L’équipe de la Gestion de l’information et des services de technologie fournit du soutien pour la modernisation du logiciel. Ces mesures de soutien sont cruciales à réalisation des services du programme.

La Commission a le pouvoir discrétionnaire de prendre des décisions clés qui concernent le programme (y compris l’agrément et les communications); elle le fait après avoir consulté les membres du Programme d’agrément et de garantie.

Un examen des activités du programme a montré que le programme participe à des activités de soutien pour les autres unités, soit Statistiques, Politique et planification, Finances, Inspection et pesée des grains.

2.5 Budget du programme

La Commission canadienne des grains mène à l’heure actuelle un examen des frais et un exercice d’établissement des coûts. Les coûts estimatifs totaux par activité pour l’exercice financier 2023-2024 englobent les coûts qui ont été ventilés en 3 catégories : les coûts directs du programme, les coûts de soutien du programme et les coûts de services internes.

Les coûts directs du programme sont assignés exclusivement au programme. Cela comprend les salaires et les heures supplémentaires ainsi que les éléments non salariaux, soit ceux liés aux déplacements, à la formation, aux services professionnels, à la réparation et à l’entretien ainsi qu’aux matériaux et aux fournitures.

Les coûts de soutien du programme incluent l’administration et le soutien à la direction, les coûts liés à la GIST ainsi que les dépenses d’immobilisations prévues pour le soutien du programme.

Les coûts de services internes sont attribués proportionnellement à tous les secteurs et incluent la haute direction (commissaires et chef de l’exploitation), Ressources humaines, GIST, Statistiques, Finances, Approvisionnement, Politique et planification, Audit interne et Services d’évaluation, Communications et le bureau de gestion de projet.

Cette estimation indique les coûts totaux prévus pour le programme, soit approximativement 5,4 millions de dollars et approximativement 2 millions de dollars en recettes pour la même année. Le programme ne fait actuellement pas l’objet d’un recouvrement des coûts complets. Le pouvoir d’établissement des frais de la Commission canadienne des grains provient de :

La Commission canadienne des grains a un pouvoir d’établissement des frais depuis 1912, et il a été modifié la dernière fois en 2024.Note de bas de page 4

Le barème tarifaire du programme est lié au modèle de recouvrement des coûts de la Commission canadienne des grains afin de s’assurer que les droits de licence reflètent les frais d’administration du programme. Cela comprend les coûts liés au traitement des demandes, à la surveillance continue de la conformité et aux audits, ainsi qu’aux évaluations du risque financier et aux activités connexes. On établit les frais en répartissant les coûts de manière égale entre toutes les licences détenues. La Commission canadienne des grains examine et ajuste périodiquement les frais afin qu’ils correspondent aux coûts opérationnels et aux objectifs stratégiques. Les droits de licence n’ont pas été ajustés depuis 2018 et donc ne reflètent plus les exigences opérationnelles actuelles du programme.

Tableau 1 : Coûts et recettes du Programme d’agrément et de garantie pour l’exercice financier 2023-2024
Catégorie de coûts Fonds du programme
Coûts directs 2 043 697
Soutien du programme 1 420 877
Services internes 1 931 561
Coûts totaux 5 396 135
Recettes 2 033 955

Source : Commission canadienne des grains, Rapport sur les frais 2023 à 2024

3. Méthodologie

L’évaluation s’appuie sur de multiples sources de données et des constatations triangulées, ce qui a pour but de garantir la fiabilité des données et de l’information. L’équipe d’évaluation a examiné les sources de données suivantes :

  • examen des renseignements sur le programme;
  • examen des documents;
  • données existantes;
  • entrevues avec les informateurs clés auprès du personnel et des intervenants internes et externes.

Entre autres, des documents internes, des lois et des documents d’orientation pertinents, des rapports et des articles ont été examinés.

L’évaluateur a effectué des entrevues avec le personnel du programme, la direction, des producteurs, des représentants de groupes agricoles et des titulaires de licence. De nombreuses tentatives ont été faites afin de joindre les producteurs, notamment au moyen de partenariats avec les groupes agricoles, qui ont envoyé des invitations à leurs membres au moyen de leurs canaux de communication. D’autres méthodes ont été employées, dont la promotion directe avec des publications organiques sur le compte X (anciennement Twitter) de la Commission canadienne des grains, des invitations verbales de la part de représentants de la Commission, le site Web de la Commission canadienne des grains (grainscanada.gc.ca) et le bouche-à-oreille. Pendant le processus d’évaluation, il y a eu plusieurs cas de défaut de paiement de la part de compagnies céréalières agréées où des producteurs ont demandé une indemnisation au titre du programme. En dépit des efforts déployés pour joindre ces groupes, l’évaluateur a seulement été en mesure d’interroger un petit nombre de producteurs. Aucune entrevue n’a pu être réalisée avec des producteurs ayant déclaré avoir subi un défaut de paiement et demandé une indemnisation au titre du programme. Par conséquent, il est difficile de se prononcer sur l’expérience des producteurs ayant demandé une indemnisation au titre du Programme d’agrément et de garantie. L’évaluateur a recueilli les points de vue et opinions de groupes agricoles et d’un petit nombre de producteurs qui ont accepté de participer à l’évaluation. Ces points de vue et opinions ont servi de fondement aux constatations et recommandations formulées dans le présent rapport.

Pour obtenir une liste complète des sources de données et en savoir plus sur les renseignements recueillis, voir l’annexe 2 : Méthode.

4. Conclusions de l’évaluation

4.1 Pertinence

4.1.1 Nécessité de conserver le programme

L’évaluation du programme a permis de trouver de nombreuses preuves provenant de différentes sources selon lesquelles le programme est utilisé et qu’il est toujours nécessaire. Les consultations publiques menées dernièrement ont permis de constater un fort appui global au maintien du Programme d’agrément et de garantieNote de bas de page 5; toutefois, les commentaires recueillis auprès des intervenants internes et externes ont fait ressortir des points à améliorer.

Pendant les entrevues avec des informateurs clés, les producteurs et les groupes agricoles ont déclaré qu’à leur avis, le programme est important et fonctionne bien. Par ailleurs, les personnes interrogées ont souligné la pertinence des grades de grains officiels dans l’achat et la vente de grains, de la détermination définitive de la qualité et du suivi des plaintes déposées par les producteurs concernant le non-paiement des livraisons de grains.

Pendant les entrevues avec des informateurs clés, les producteurs et les groupes agricoles ont déclaré que le programme comportait des avantages importants pour les producteurs. Près de 60 % des personnes interrogées estimaient que le programme offrait aussi des avantages aux titulaires de licence pour ce qui est de l’image de marque, de la réputation et de la confiance que les producteurs témoignent aux compagnies céréalières agréées. Or, certains étaient d’avis que le programme offrait peu d’avantages aux titulaires de licence, voire aucun. En général, les personnes interrogées qui estimaient que le programme comportait peu d’avantages pour les titulaires de licence étaient d’avis que les coûts du programme l’emportaient sur ses avantages. Elles ont aussi affirmé que le programme était mal connu des producteurs, ce qui sapait les avantages liés à la réputation et à la confiance.

Les intervenants internes et externes interrogés ont également affirmé que le programme était unique et ne faisait pas double emploi avec d’autres initiatives et programmes relevant de la compétence du programme. D’autres gouvernements offrent des programmes différents. Ainsi, dans le but d’améliorer le Programme d’agrément et de garantie, une analyse comparative des programmes offerts aux États-Unis et dans l’Est du Canada a récemment été effectuée. Cette démarche visait notamment à éclairer l’orientation future quant à la conclusion d’ententes avec d’autres administrations et à assurer plus de clarté aux producteurs qui participent à des processus de réclamation dans deux administrations ou plus. Or, l’analyse comparative n’est pas terminée, donc l’évaluation ne contient pas de recommandations à ce sujet.

Constatation (Pertinence 1) : Il est nécessaire de maintenir le programme. Plusieurs améliorations à apporter ont été relevées.

Recommandation (Pertinence 1) : Continuer à bonifier le programme à la lumière des recommandations d’améliorations ou de révision indiquées dans le rapport.

4.2 Harmonisation avec les priorités, les rôles et les responsabilités du gouvernement

Le programme appuie le mandat de la Commission canadienne des grains ainsi que les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral. La Loi exige que la plupart des exploitants de silos à grains et des négociants en grains qui manutentionnent ou achètent des grains produits dans l’Ouest canadien soient titulaires d’une licence. L’objectif du système d’agrément consiste à établir un cadre pour la mise en place et le maintien du système d’assurance de la qualité des grains du Canada, les protections pour les producteurs et la collecte de données. Le système d’agrément permet à la Commission canadienne des grains de fixer des normes et des procédures pour la manutention, le transport et le stockage des grains, et les installations utilisées à cette fin.Note de bas de page 5

La Loi sur les grains du Canada est une loi fédérale qui établit la Commission canadienne des grains et en définit les attributions. La LoiNote de bas de page 6 confère à la Commission la latitude requise pour délivrer des licences aux exploitants de silos à grains primaires, de transformation et terminaux ainsi qu’aux négociants en grains et, pour ce faire, fixer un montant de garantie approprié. Le paragraphe 49(2) de la Loi confère à la Commission le pouvoir et la latitude nécessaires pour réaliser la garantie si la compagnie céréalière agréée refuse de payer un producteur ou n’est pas en mesure de le faire. En cas de défaut de paiement, le programme utilise les garanties pour payer leur dû aux producteurs admissibles. En outre, la LoiNote de bas de page 7 autorise la Commission canadienne des grains à révoquer ou à suspendre une licence si un titulaire de licence ne maintient pas de garanties suffisantes, et à prendre des règlements ou des arrêtés en ce qui a trait aux garanties.Note de bas de page 8

Le règlement administratif no 5 de la Commission canadienne des grains appuie aussi l’exécution du programme. Il permet la délégation des pouvoirs de la Commission, conférés par la Loi, en ce qui a trait à la gestion de l’agrément et des garanties.

Selon le Rapport sur les résultats ministériels 2023-2024 de la Commission canadienne des grains, la responsabilité essentielle de l’organisation est la réglementation des grains. Pour s’acquitter de cette responsabilité, la Commission canadienne des grains s’efforce d’atteindre deux résultats ministériels :

  • Les marchés nationaux et internationaux considèrent le grain canadien comme étant fiable et salubre.
  • Les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain.Note de bas de page 9

Le Rapport sur les résultats ministériels indique que le Programme d’agrément et de garantie est une initiative clé aux fins de la protection financière des producteurs de grain et qu’il appuie directement le mandat et la responsabilité essentielle de la Commission canadienne des grains en veillant à ce que les producteurs soient dûment rémunérés pour leur grain.

Constatation (Pertinence 2) : Le programme est en phase avec les priorités, les rôles et les responsabilités du gouvernement.

Recommandation (Pertinence 2) : Continuer à bonifier le programme à la lumière des recommandations d’améliorations ou de révision indiquées dans le rapport.

4.3 Rendement

La présente évaluation porte sur le rendement du Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains ainsi que la mesure dans laquelle celui-ci a atteint les résultats escomptés. Elle mesure également le rendement du programme au regard des paramètres de rendement. L’évaluation repose sur un examen des documents clés, les renseignements sur les politiques et les programmes actuels, et des entrevues avec des informateurs clés, c’est-à-dire le personnel du programme et les intervenants internes et externes. Dans l’ensemble, l’évaluation visait à recueillir des éléments de preuve indiquant si le programme atteignait ses principaux objectifs :

  • Le risque associé aux défauts de paiement d’une compagnie céréalière est réduit.
  • Les titulaires de licence sont conscients de leurs droits et de leurs responsabilités dans le cadre du programme.
  • Les producteurs sont conscients de leurs droits et de leurs responsabilités dans le cadre du programme.
  • Les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain.

4.3.1 Conséquences inattendues du programme

Les entrevues avec des informateurs clés (personnel du programme et intervenants externes) ont mis en lumière les conséquences inattendues du programme.

En effet, certains producteurs se retrouvent sans protection en raison du manque ou de l’absence de mesures d’application de la loi à l’égard des exploitants et des négociants en grains non agréés dispensés de l’obligation d’agrément, car les catégories de licences sont limitées et ne reflètent pas les pratiques actuelles de l’industrie. (Étant donné que la Commission canadienne des grains est un organisme créé par une loi, les changements tels que le renforcement des mécanismes d’application de la loi et la mise à jour des catégories de licences exigent des modifications législatives.)

Le programme peut donner un faux sentiment de sécurité à certains producteurs, et ainsi engendrer un manque de diligence dans les échanges avec les compagnies céréalières agréées et le respect des autres critères d’admissibilité du programme.

Certains titulaires de licence estiment que le programme a créé une situation de concurrence déloyale, car ils doivent payer les droits exigés par la Commission canadienne des grains et ne peuvent donc offrir des prix aussi avantageux que les exploitants non agréés qui mènent leurs activités en contravention de la Loi.

Certains titulaires de licence et groupes agricoles interrogés estimaient que les coûts élevés associés au programme constituaient un obstacle pour les titulaires de licence nouveaux ou de petite taille. Les risques associés aux nouveaux titulaires de licence peuvent être plus importants, et les droits de licence peuvent représenter un pourcentage plus élevé des coûts indirects des titulaires de licence de petite taille comparativement aux exploitants de plus grande taille.

Les groupes agricoles ont aussi exprimé cette préoccupation et sont d’avis qu’un choix plus vaste d’exploitants agréés est préférable pour les producteurs.

4.3.2 Le risque associé aux défauts de paiement d’une compagnie céréalière est réduit

L’évaluation a permis de conclure que le programme était efficace pour indemniser les producteurs en cas de défaut de paiement d’une compagnie céréalière agréée. De 2018 à 2024, il y a eu neuf cas où des producteurs admissibles ont été indemnisés pour des livraisons impayées. L’indemnisation a atteint 100 % de la valeur des demandes admissibles dans sept de ces cas, 80 % dans un cas et 77 % dans un cas.Note de bas de page 10 Sans le programme sous sa forme actuelle, les producteurs n’auraient pas été indemnisés pour ces livraisons. Le Programme d’agrément et de garantie continue de chercher des façons d’atteindre des paiements de 100 % et d’améliorer davantage l’exécution du programme. La valeur totale des paiements effectués à l’égard des demandes d’indemnisation au cours de cette période était d’environ 42 M$, et 1,65 M$ supplémentaires ont été payés à partir des recettes tirées de l’inventaire et des paiements faits au titre de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.Note de bas de page 11

Tableau 2 : Historique des paiements au titre du programme, de 2018 à 2024
Entreprise Campagne agricole Paiements versés (%) Nombre de producteurs payés
Global Food and Ingredients Inc. 2024-2025 77 % 33
LSM Grain Ltd. 2024-2025 100 % 9
Purely Canada Foods Corp 2024-2025 100% 78
Zeghers Seed Inc s/n Zeghers Canada 2023-2024 100 % 27
W.A. Grain & Pulse Solutions 2021-2022 80 % 126
Pipeline Foods, ULC 2021-2022 100 % 49
CanPulse Foods Ltd. 2020-2021 100 % 39
Global Grain Canada Ltd. 2020-2021 100 % 13
Ilta Grain Inc. 2018-2019 100 % 222

Source : Historique des paiements versés aux producteurs

Une analyse des demandes admissibles pour la période de 2018 à 2024 a permis de recenser seulement deux cas où le paiement n’a pas atteint 100 % (W.A. Grain & Pulse Solutions et Global Food and Ingredients Inc.), ce qui s’expliquait par des garanties insuffisantes. En effet, au moment du défaut de paiement, le passif des titulaires de licence était supérieur aux garanties. Il s’agit d’un risque résiduel associé au programme, car le passif n’est pas surveillé en temps réel, et le programme ne peut pas garantir la couverture complète du passif en tout temps.

Il est possible que des producteurs n’aient pas été indemnisés au titre du programme en cas de défaut de paiement s’ils ne répondaient pas aux critères d’admissibilité (comme les délais ou le type de grains) ou avaient traité avec un exploitant exempté ou non agréé.

Les critères d’admissibilité sont clairement énoncés sur le site Web de la Commission canadienne des grains et dans le cadre de ses activités de communication et de sensibilisation, et il incombe au producteur de s’assurer qu’il y satisfait.Note de bas de page 12 De plus, les conditions à remplir pour être exempté de l’obligation d’obtenir une licence sont clairement décrites sur le site Web de la Commission canadienne des grains.Note de bas de page 13

Qui plus est, le programme a pris les mesures suivantes pour protéger les producteurs contre les compagnies non agréées qui contreviennent à la Loi :

  • tenir une liste à jour des compagnies céréalières agréées sur le site Web de la Commission canadienne des grains et encourager les producteurs à la consulter avant de faire affaire avec une compagnie céréalièreNote de bas de page 14;
  • réaliser l’examen de l’agrément et de la conformité de 2006, avec lequel de nombreuses compagnies de cultures spéciales ont coopéré pour ensuite devenir agrééesNote de bas de page 15
  • élaborer, en 2012, un protocole concernant les exploitants non agréés compte tenu du manque d’outils d’application de la loi à leur égard, ce qui s’explique en partie par les mécanismes d’application limités prévus dans la Loi et le fait que leur renforcement exige des modifications législativesNote de bas de page 16

En dépit de ces efforts, certaines compagnies continuent de mener leurs activités sans licence ni exemption. En 2012, un audit interne de l’agrément et de la conformité a été réalisé. Cet audit comprend des recommandations, dont celle d’approfondir l’engagement du programme envers la protection des producteurs en s’attaquant au problème des exploitants non agréés (incidence élevée) :

« … que la Commission canadienne des grains continue de veiller au respect de la Loi sur les grains du Canada en exerçant les pouvoirs conférés par cette loi en vue de mener des enquêtes et/ou d’imposer des sanctions aux exploitations qui sont en situation d’infraction».Note de bas de page 17

Il convient de noter que la Loi n’habilite pas la Commission à prendre des sanctions contre des compagnies céréalières non agréées. Le fait de ne pas être titulaire de licence constitue une infraction réglementaire au titre de la Loi, et le seul mécanisme d’application est une poursuite par le Service des poursuites pénales du Canada.

L’audit faisait référence aux consultations et contenait des recommandations visant à renforcer l’application de la loi et le respect des exigences relatives à la délivrance de licences :

« …que la Commission canadienne des grains envisage la possibilité de prévoir des pénalités administratives, comme une loi sur les sanctions administratives pécuniaires, afin de favoriser le respect de la Loi sur les grains du Canada ».Note de bas de page 18

La Loi sur les sanctions administratives pécuniaires en matière d’agriculture et d’agroalimentaire crée un régime de sanctions administratives pécuniaires pour certaines lois portant sur l’agroalimentaire; toutefois, on ignore si celle-ci peut être modifiée afin d’y ajouter la Loi sur les grains du Canada. Cette question devrait faire l’objet d’un examen plus approfondi en consultation avec Agriculture et Agroalimentaire Canada. Par conséquent, il faudrait peut-être créer de nouvelles dispositions législatives, ou, au moins, modifier la Loi sur les sanctions administratives pécuniaires en matière d’agriculture et d’agroalimentaire, pour mettre en place un régime de sanctions administratives pécuniaires pour les infractions à la Loi sur les grains du Canada.

L’existence continue des exploitants non agréés était l’une des principales préoccupations soulevées lors des entrevues avec des informateurs clés (producteurs et groupes agricoles) effectuées dans le cadre de l’évaluation. Les producteurs interrogés ont déclaré que, dans certains cas, les compagnies non agréées offrent des prix plus élevés, car elles ne paient pas les droits de licence de la Commission canadienne des grains. Les producteurs et les groupes agricoles interrogés dans le cadre de l’évaluation ont déclaré que l’absence de mécanismes d’application de la loi a créé un manque d’équité dans le marché, les exploitants agréés se trouvant désavantagés par rapport aux exploitants non agréés sur le plan des coûts.

Les titulaires de licence ont exprimé des préoccupations semblables, soulignant qu’ils se trouvaient désavantagés par rapport aux exploitants non agréés, qui leur font concurrence sans engager les coûts associés à une licence de la Commission canadienne des grains. Ils ont évoqué les coûts associés aux droits de licence ainsi qu’au temps et à la main-d’œuvre requis pour satisfaire aux exigences en matière d’audit et de production de rapports. Ce groupe s’est dit préoccupé par les exploitants non agréés et par le manque de mécanismes d’application de la loi à la Commission canadienne des grains. Il estime que cette iniquité nuit à son avantage concurrentiel et sape les autres avantages associés à une licence de la Commission canadienne des grains, comme l’image de marque et la confiance des producteurs.

Qui plus est, les commentaires recueillis durant les récentes consultations publiques sur l’examen de la Loi sur les grains du Canada ont fait ressortir la nécessité de remédier au problème des catégories de licences ainsi que la volonté d’aller plus loin en prenant les mesures suivantes :

  • étendre la protection des paiements aux acheteurs non agréés de sorte que les producteurs soient protégés pour toutes les livraisons;
  • effectuer un examen exhaustif du modèle actuel fondé sur les garanties et étudier d’autres modèlesNote de bas de page 5

Les statistiques des grains indiquent que la majorité des grains sont livrés à des installations agréées par la Commission canadienne des grains (comparativement aux installations non agréées). Pour que le programme fonctionne, il est important que les producteurs puissent vendre leur grain à des installations agréées. La cible de la Commission canadienne des grains pour cette mesure est d’au moins 86 %. Celle-ci est généralement atteinte et a été dépassée (87 %) lors de la campagne agricole 2022-2023.Note de bas de page 19 Malgré le pourcentage élevé de livraisons de grains à des compagnies agréées, l’existence d’exploitants non agréés demeure une préoccupation pour les intervenants externes.

Depuis la dernière mise à jour exhaustive de la Loi, en 1971, de nouveaux types de compagnies céréalières ont fait leur entrée dans le secteur. Certaines d’entre elles ne sont pas agréées, car elles ne correspondent pas exactement à une catégorie précise ou sont dispensées de l’obligation de licence.Note de bas de page 5 Les provenderies, les installations de chargement de conteneurs, les installations de chargement de wagons et les ventes à l’Est du Canada étaient le plus souvent évoquées comme source de préoccupation.

Les entrevues avec le personnel et la direction du programme ont fait ressortir la nécessité d’élaborer des politiques internes et peut-être d’apporter des modifications à la Loi et au Règlement afin de remédier au problème des exploitants non agréés tout en tenant compte du besoin de pouvoir refuser des licences aux compagnies céréalières dont le risque financier est considéré comme élevé. Les lacunes suivantes ont été relevées dans les politiques internes :

  • politique interne de transmission aux échelons supérieurs concernant les compagnies céréalières non agréées;
  • politique concernant la publication des noms des compagnies céréalières non agréées;
  • politique de refus de licence en raison du risque financier élevé associé à une compagnie céréalière;
  • politique permettant de fixer une garantie minimale et un seuil pour la délivrance d’une licence;
  • politique permettant de refuser la délivrance d’une licence à des compagnies céréalières dont le risque financier est jugé extrême, même quand elles sont en mesure de verser la garantie;
  • conseils et avis du Service des poursuites pénales du Canada en ce qui concerne les mécanismes possibles d’application de la loi (cette question ne peut pas être abordée uniquement au moyen de politiques; des modifications législatives sont requises);
  • politique clarifiant les dispenses actuelles d’obligation de licence et leur champ d’application.

Constatation (Rendement 1) : Malgré le pourcentage élevé des ventes de grain aux exploitants agréés, la présence constante des compagnies céréalières non agréées qui contreviennent à la Loi sur les grains du Canada (la Loi) inquiète les intervenants. Au moment de l’évaluation, les intervenants avaient l’impression que cette situation minait la capacité du programme à protéger les producteurs et donnait aux compagnies céréalières non agréées un avantage concurrentiel, ce qui entraîne des coûts moins élevés comparativement aux compagnies céréalières agréées. Il faut favoriser l’élaboration de politiques internes, des modifications à la Loi et des changements dans la réglementation pour prendre des mesures contre les exploitants non agréés.

Constatation (Rendement 2) : Les intervenants externes s’inquiètent que les catégories de licences deviennent désuètes par rapport à l’industrie changeante, ce qui entraîne une hausse du nombre d’exploitants exemptés ou non agréés. Au fil du temps, de nouveaux types d’entreprises qui ont vu le jour sont incompatibles avec les catégories de licences prescrites. Dans le cadre du programme en place, les producteurs qui ont à composer avec ces exploitants exemptés ne sont pas admissibles à une indemnisation en cas de défaut de paiement. La Loi sur les grains du Canada ne permet pas à la Commission de changer les catégories de licences prévues par la Loi. La modification des catégories de licences prévues à l’article 42 de la Loi exigera une modification législative. Toutefois, l’article 43 autorise la Commission à prendre des règlements afin de créer des sous-catégories de licences, avec l’approbation du gouverneur en conseil.

Recommandation (Rendement 1) : Réaliser et mettre en œuvre un plan révisé d’application de la loi pour prendre des mesures contre les exploitants non agréés. Pour ce faire, il faudra :

  1. cerner d’autres lacunes connexes ayant trait aux politiques et élaborer des politiques internes complémentaires, pour ce qui est du domaine de réglementation relatif aux exploitations non agréées, ce qui permettra au programme d’être dans les limites de la Loi;
  2. trouver le juste équilibre entre la nécessité d’appliquer les exigences de délivrance de licences et le pouvoir discrétionnaire de la Commission de refuser de délivrer une licence à un exploitant.

Recommandation (Rendement 2) : Passer en revue les catégories de licences et leur pertinence dans le milieu actuel (en mettant l’accent sur les exemptions) et recommander des mises à jour. Puisque des modifications législatives ou réglementaires sous l’autorisation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada seront nécessaires, il faudra :

  1. transmettre une copie de la présente évaluation à l’équipe d’Agriculture et Agroalimentaire Canada chargée de l’examen de la Loi sur les grains du Canada;
  2. élaborer des politiques internes complémentaires, pour ce qui est des domaines de réglementation relatifs aux catégories de licences, ce qui permettra de prendre des mesures au sein du programme.

4.3.3 Les titulaires de licence connaissent leurs droits et leurs responsabilités dans le cadre du programme

Des entrevues ont été menées auprès de titulaires de licence pour évaluer leur niveau de connaissance du programme. Le point de vue des employés du programme a également été pris en compte.

Les titulaires de licence interrogés ont déclaré connaître les exigences du programme et leurs droits. Ils étaient aussi nombreux à indiquer qu’au début, il y avait un manque de clarté en ce qui concerne les processus du programme et les exigences en matière de documentation (p. ex., demandes de licence et de renouvellement, rapports sur le passif, audits/examen). Il leur a fallu de nombreuses années pour tout apprendre, et les processus peuvent être coûteux et lourds en termes d’heures-personnes.

Les domaines visés par le rapport suscitant le plus de confusion sont les suivants :

  1. les exigences en matière de licence, de garantie et de cautionnement, et les exigences en matière de rapports pour les titulaires de licence qui cultivent différentes cultures, dont certaines sont exemptées;
  2. les catégories de licence pour les nouveaux types de compagnies céréalières qui se sont jointes à l’industrie depuis la dernière mise à jour de la Loi et qui sont peut-être incompatibles avec les catégories ou exemptées (des modifications supplémentaires à la Loi ou à ses règlements pourraient s’imposer);
  3. l’exigence selon laquelle les titulaires de licence doivent être en mesure de fournir les montants exigés comme garantie en tout temps, pas juste à la fin du mois ou au moment où les rapports sur le passif sont soumis;
  4. la façon de consigner les paiements différés aux producteurs dans les rapports sur le passif;
  5. l’admissibilité des stocks en entrepôt;
  6. les exigences relatives au transbordement et aux cellules spéciales;
  7. les audits (certains titulaires de licence ont déclaré qu’ils trouvent que le processus est lourd et complexe);
  8. la différence entre l’examen du document de travail et un audit complet.

Le personnel du programme a déclaré avoir consacré beaucoup de temps à recueillir les documents que les titulaires de licence sont tenus de fournir avec leur demande de licence ou de renouvellement ou leurs rapports sur le passif, ou encore dans le cadre des audits et des examens. Le temps consacré à faire des suivis pour obtenir des renseignements en retard, incomplets ou incorrects était aussi un sujet d’intérêt de l’évaluation.

L’évaluation a révélé qu’en général, les titulaires de licence sont très satisfaits du nouveau portail MaCCG pour soumettre en ligne leurs rapports sur le passif. Le portail a permis d’atténuer la confusion et de réduire le temps consacré aux rapports. Certains titulaires de licence ont indiqué qu’ils ne comprenaient pas complètement les exigences relatives aux rapports sur le passif, mais que leurs connaissances se sont améliorées après un audit en personne. D’autres estiment que, même si le site Web et les manuels de la Commission canadienne des grains sont des outils de formation utiles, le soutien en personne ou par téléphone est le moyen de soutien le plus efficace. Ils sont d’avis que les titulaires de licence pourraient profiter d’une plus grande quantité de documents de référence et de tutoriels vidéo. Les titulaires de licence interrogés ont aussi déclaré que le taux de roulement élevé de leur personnel fait en sorte qu’ils doivent continuellement former les employés au sujet du Programme d’agrément et de garantie. Le personnel du programme a fait remarquer que des ressources considérables sont consacrées à la collecte, au suivi et au stockage des documents exigés (pour les demandes de licence et de renouvellement, les rapports sur le passif et les audits/examens) en raison du manque de compréhension concernant les documents et le format exigés, d’une part, et des erreurs dans les rapports soumis par les titulaires de licence, d’autre part.

De plus, plusieurs titulaires de licence estiment qu’ils pourraient bénéficier d’une plus grande compréhension de la façon dont sont calculés les niveaux de risque et les montants des garanties à déposer et ils souhaitent une transparence accrue en la matière. La question des risques et des garanties est une source importante de préoccupations pour les titulaires de licence : certains estiment qu’ils sont assurés de manière démesurée et d’autres ont l’impression que les nouveaux titulaires de licence se voient automatiquement attribuer une cote de risque élevé, même quand une telle cote n’est pas justifiée, de sorte qu’ils doivent fournir un montant disproportionnel comme garantie. Un examen externe des risques et des modèles de garantie est en cours. (Voir la section 4.4.4 pour obtenir de plus amples détails.)

Les titulaires de licence et certains employés du programme ont l’impression que les efforts de communication étaient axés sur les producteurs et que l’information n’a pas nécessairement été transmise de manière efficace aux titulaires de licence. Les titulaires de licence ont dit qu’ils préfèrent les communications par courriel aux autres modes de communication. En outre, ils estiment qu’il serait utile d’avoir des alertes par courriel quand des mises à jour concernant le programme sont affichées sur le site Web de la Commission canadienne des grains.

Constatation (Rendement 3) : On a signalé récemment d’importantes améliorations dans ce domaine ainsi qu’un niveau élevé de satisfaction du personnel du programme. Il faut mettre en place de la formation sur les demandes de licence et de renouvellement à l’intention des titulaires de licence ainsi que des processus de production de rapports sur le passif et d’examen d’audits, afin qu’il y ait une meilleure compréhension du programme, une amélioration de la prestation de service et une diminution du nombre de ressources du programme affectées à l’obtention de documents exigés auprès des titulaires de licence.

Constatation (en attente d’un examen externe) : La principale préoccupation des titulaires de licence concerne le manque de clarté quant à la façon dont la garantie et les niveaux de risques sont établis et quant à la question de savoir s’ils sont justes et équitables. Les risques et les modèles de garantie font actuellement l’objet d’un examen externe.

Recommandation (Rendement 3) : Élaborer des activités éducatives et formatives améliorées destinées aux nouveaux titulaires de licence et aux nouveaux membres du personnel de titulaires actuels, en tenant compte des méthodes demandées par les intervenants, à savoir davantage d’interactions en personne, un soutien par téléphone, de meilleurs documents de référence et de tutoriels vidéo. De cette façon, on améliorera la prestation de service et on utilisera mieux les ressources du programme en réduisant le nombre d’erreurs dans les rapports présentés. En particulier, les titulaires de licence ont demandé à ce que leur soit fournie une trousse de renseignements avant les audits sur place et les examens du document de travail. Les Communications devront apporter leur soutien.

Recommandation (Rendement 4) : Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de communication à l’intention des titulaires de licence pour les mobiliser en leur envoyant des courriels et des alertes lors de la publication de nouveaux renseignements ayant trait au programme sur le site Web de la Commission canadienne des grains. Les Communications devront apporter leur soutien.

4.3.4 Les producteurs connaissent leurs droits et leurs responsabilités dans le cadre du programme

Un examen de l’historique du programme et des dispositions législatives connexes montre que le programme et son contexte ont évolué de façon considérable au fil du temps. Dans le cadre de cette évolution, une importance accrue a été accordée à la responsabilité des producteurs. Ces derniers doivent faire preuve de diligence raisonnable au moment de traiter avec des compagnies céréalières. Les producteurs et les groupes agricoles interrogés ne semblent pas bien connaître cette évolution ni les critères d’admissibilité actuels du programme. Cette situation peut avoir entraîné une mauvaise compréhension des attentes du programme. Vous trouverez ci-dessous l’historique de l’évolutionNote de bas de page 20

  • 1899 : Selon la Royal Commission on Grain Handling, il y a une insuffisance de concurrence. Par conséquent, elle adopte la Manitoba Grain Act pour établir des exigences en matière d’agrément, de cautionnement, et de surveillance des négociants en grains et des chemins de fin et pour permettre aux producteurs d’être dûment rémunérés pour leur grain.
  • 1912 : La Loi sur les grains du Canada est adoptée pour assurer le contrôle de la manutention et du commerce des grains au Canada.
  • 1930 : La Loi sur les grains du Canada est révisée pour accorder au gouvernement fédéral un plus grand contrôle sur la manutention et le commerce des grains au Canada. Les révisions visaient entre autres à interdire aux exploitants de silo non agréés d’accéder aux services ferroviaires et d’acheter ou de vendre des grains en utilisant des appellations de grade.
  • 1971 : La Loi sur les grains du Canada est remaniée de manière substantielle pour renforcer les dispositions relatives aux licences et aux garanties, pour établir des catégories de licence, et pour exiger, pour la première fois, que la Commission canadienne des grains délivre des licences à tous les exploitants de silos à grains et à tous les négociants en grains souhaitant acheter et vendre des grains cultivés dans l’Ouest canadien. Ces dispositions exigent que la Commission canadienne des grains détermine si les demandeurs ont la capacité financière nécessaire pour faire des affaires avant de leur délivrer une licence. Elles confèrent aussi la responsabilité aux producteurs d’obtenir la documentation nécessaire (p. ex. bon de paiement au comptant, récépissé de silo) pour avoir droit à une indemnisation en cas de défaut de paiement.

Aucun changement important n’a été apporté à la Loi sur les grains du Canada depuis les changements apportés en 1971, mais il y a eu des modifications législatives et des mesures réglementaires ciblées :

  • 1995 : D’autres modifications ciblées sont apportées à la Loi sur les grains du Canada pour faire ce qui suit :
    • clarifier le fait que c’est aux producteurs qu’il revient de traiter avec des exploitants agréés (et déterminer le statut de licence);
    • éliminer l’obligation législative selon laquelle la Commission canadienne des grains doit s’assurer qu’un éventuel titulaire de licence a les capacités financières nécessaires (malgré le fait que la Commission canadienne des grains ne délivrerait jamais sciemment une licence à une entité financièrement non viable);
    • clarifier le fait que la Commission canadienne des grains n’est pas responsable des pertes des producteurs qui ont traité avec des acheteurs de grains non agréés;
    • faire en sorte que la Commission canadienne des grains ne soit plus responsable des pertes des producteurs dans les cas où le titulaire de licence devient insolvable et que le montant qu’il a déposé à titre de garantie n’est pas suffisant;
    • exiger aux producteurs de fournir les documents nécessaires (p. ex. bon de paiement au comptant) pour soumettre une réclamation valide dans le cadre du programme et pour informer la Commission canadienne des grains qu’il y a eu défaut de paiement, et ce, dans les 90 jours suivants la livraison des grains ou dans les 30 jours suivant la date à laquelle le bon de paiement au comptant ou le chèque a été émis, selon le délai le plus court.
  • 2005 : Le Parlement adopte une modification à la Loi sur les grains du Canada pour exiger un examen indépendant et complet de la Loi et de la Commission canadienne des grains.
  • 2007 et 2009 : Les projets de loi C-39 et C-13 proposent des changements à la Loi, y compris pour éliminer le programme de garantie de paiement, mais ils ne sont pas adoptés.
  • 2012 : La Loi sur l’emploi et la croissance propose des modifications ciblées à la Loi pour réduire le fardeau réglementaire et les coûts pour les producteurs. Ces modifications visent à permettre à la Commission canadienne des grains de mettre en œuvre un modèle de garantie de paiement fondé sur un modèle d’assurance pour les titulaires de licence afin de couvrir efficacement le passif pour les agriculteurs. Ces modifications particulières sont adoptées par le Parlement, mais elles ne sont pas mises en œuvre en raison de l’échec des négociations menées pour trouver un fournisseur d’assurances.
  • 2014 : La Loi sur le transport ferroviaire équitable pour les producteurs de grain prévoit des modifications à la Loi pour permettre à la Commission canadienne des grains de réglementer les dispositions des contrats liés au grain entre les titulaires de licences et les agriculteurs afin d’en améliorer le respect.
  • 2014 : Le projet de loi C-48 propose des modifications ciblées afin d’améliorer les mesures de protection des producteurs en créant le fonds d’indemnisation des producteurs. Le fonds d’indemnisation des producteurs visait à protéger les producteurs en les indemnisant en cas de défaut de paiement d’un titulaire de licence pour des livraisons de grains. Le projet de loi C-48 n’est pas adopté avant la dissolution du Parlement en prévision des élections générales en 2015.
  • 2020 : Les modifications apportées à la Loi font en sorte que quiconque vend des grains à une compagnie céréalière agréée est tenu de remplir une déclaration d’admissibilité.
  • 2021 : Agriculture et Agroalimentaire Canada lance une consultation relative à l’examen de la Loi. Agriculture et Agroalimentaire Canada continue de se pencher sur les prochaines mesures à prendre pour moderniser la Loi afin qu’elle puisse répondre aux besoins actuels et futurs du secteur.

Selon l’évaluation, le niveau de compréhension du programme varie considérablement d’un producteur à l’autre, et ce programme est peu connu d’un grand nombre de producteurs. Les producteurs qui ont déclaré savoir comment déterminer le statut de licence en utilisant le site Web de la Commission canadienne des grains ont aussi dit que ce ne sont pas tous les producteurs qui vérifient le statut. La proximité, la facilité de livrer les grains, l’expérience liée aux transactions antérieures, la confiance et le prix sont les principaux facteurs que les producteurs prennent en compte pour déterminer à qui ils vendront leur grain, et ces facteurs l’emportent parfois sur le statut de licence. L’évaluation a aussi révélé que la compréhension relative aux critères d’admissibilité du programme et aux délais à respecter pour avoir droit à une indemnisation (délai de 90 jours ou celui de 30 jours) varie d’un producteur à l’autre. Cette observation se fonde sur les données recueillies auprès de producteurs, de groupes agricoles, de titulaires de licence et d’employés du programme. De plus, les contrats stipulant que le paiement doit être effectué à la fin d’une série de livraisons font en sorte que les premières livraisons pourraient ne pas être admissibles à la protection des paiements. Certains producteurs retardent sciemment la réception des paiements à des fins de report de l’impôt, mais ils ne comprennent pas les conséquences de cette décision sur l’admissibilité éventuelle des réclamations dans le cadre du programme. La vaste majorité des titulaires de licence préfèrent effectuer les paiements par transfert électronique de fonds, et ce, dans le délai de 30 jours. Ils font remarquer que s’ils reportent le versement des paiements ou l’émission des chèques, ils le font à la demande des producteurs.

Dans le cadre de l’évaluation, on a analysé des données confidentielles provenant de réclamations soumises et des données concernant les montants versés dans le cadre du programme entre 2018 et 2024. L’analyse a révélé qu’environ 17 % des réclamations étaient inadmissibles. De ce pourcentage, 74 % des réclamations avaient été soumises après le délai de 90 jours, selon la date sur les récépissés de silo primaire. Dans 18 % des cas, les réclamations visaient des grains inadmissibles.Note de bas de page 21 En ce qui concerne le reste des réclamations inadmissibles (environ 8 %), les refus étaient attribuables à des chèques différés ou à des chèques émis à l’extérieur de la période d’admissibilité.Note de bas de page 22

On a aussi posé des questions au personnel du programme et aux titulaires de licence sur la mesure dans laquelle les producteurs connaissent le programme. Le personnel du programme et les titulaires de licence ont souvent traité avec les producteurs et ils indiquent que, même si des efforts considérables ont été déployés par le passé pour mieux faire connaître le programme et pour améliorer les communications de la Commission canadienne des grains et du Programme d’agrément et de garantie, les producteurs ne forment pas un groupe homogène. Les communications ne se rendent pas à tous les producteurs. Les caractéristiques des groupes démographiques de producteurs varient selon la taille des exploitations, le nombre d’années d’exploitation, les principales cultures, les technologies utilisées, le niveau d’engagement dans le cadre du Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains, l’emplacement géographique, et toute expérience antérieure, le cas échéant, liée au processus de réclamation. Le niveau de connaissance du programme et les préférences en matière de communication varient d’un groupe démographique à l’autre. Tout effort visant à accroître les communications destinées aux producteurs ou à mieux faire connaître aux producteurs le programme doit tenir compte du fait que les producteurs de grain de l’Ouest canadien forment un groupe hétérogène. Il faut aussi reconnaître le fait que certains producteurs ne souhaitent pas participer au programme. L’évaluateur n’a pas été en mesure de joindre tous les segments de producteurs pour mener des entrevues. Certains groupes agricoles ont soulevé des défis semblables. Le Programme d’agrément et de garantie ne dispose pas d’une base de données complète contenant les coordonnées des producteurs.

Les modes de communication préférés relevés dans le cadre de l’évaluation sont les suivants :

  • partenariats avec des groupes agricoles disposés à transmettre de l’information concernant leurs membres par l’entremise de leur site Web, de bulletins d’information, de listes de distribution, ou d’événements en personne avec des producteurs;
  • présence constante aux salons professionnels du secteur agricole;
  • annonces à la radio et balados pendant la saison de récolte;
  • séances de sensibilisation locales en personne;
  • alertes par courriel quand la Commission canadienne des grains affiche des communications sur son site Web (pour les groupes agricoles);
  • matériel de formation concis axé sur les critères d’admissibilité (pour les producteurs).

Éléments du programme souvent mal compris :

  • Le programme n’est pas tenu de verser une indemnisation dans les cas où les réclamations ne répondent pas aux critères d’admissibilité.
  • C’est aux producteurs qu’il revient de s’assurer qu’ils répondent aux critères d’admissibilité.
  • Il ne revient pas à la Commission canadienne des grains de déterminer la viabilité financière des compagnies céréalières agréées (même si la Commission ne délivrerait pas sciemment une licence à une entité financièrement non viable).
  • Le programme n’est pas tenu de prédire si une compagnie sera en situation de défaut de paiement. Son rôle consiste plutôt à estimer et à établir le montant de la garantie que les titulaires de licence doivent déposer pour couvrir tout passif admissible s’ils omettent de faire un paiement.

Constatation (Rendement 5) : Il faut clarifier le rôle du programme et les responsabilités des producteurs dans le cadre de celui-ci. Par exemple, les réclamations inadmissibles ne sont pas couvertes au sein du programme, et il incombe aux producteurs de s’assurer de respecter les critères d’admissibilité.

Constatation (Rendement 5) : Il y a lieu de contribuer à l’accroissement des connaissances des producteurs à propos du programme et des communications opérationnelles en tenant compte du fait que tous les producteurs n’ont pas les mêmes préférences quant aux moyens de communication. Les producteurs ne sont pas un groupe homogène. Certains pourraient choisir de ne pas participer au programme et deviendraient donc ainsi inadmissibles à l’indemnisation. Malgré les efforts considérables de la Commission canadienne des grains dans ce domaine par le passé, bon nombre de producteurs ne reçoivent pas de renseignements sur le programme.

Recommandation (Rendement 5) : Mettre en œuvre une méthode pour améliorer les connaissances des producteurs à propos du programme et un plan de communication axé sur leurs responsabilités et les critères d’admissibilité. Le plan doit comporter une approche segmentée à volets multiples qui permet d’atteindre différents producteurs, au moyen de nouveaux moyens de communication ciblés. Les renseignements découlant de cette évaluation donneront une bonne idée de la situation.

4.3.5 Les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain

La section 4.3.1 porte sur le rôle essentiel du programme pour réduire les risques associés aux défauts de paiement lorsqu’un titulaire de licence ne respecte pas ses obligations en matière de paiement à l’égard des producteurs. Les activités non liées aux situations de défaut de paiement ont également été examinées.

Selon les statistiques relatives aux grains dans InfoBase du GC, les agriculteurs ont été dûment rémunérés pour leur grain 99,99 % du temps au cours des dix dernières années. Les agriculteurs reçoivent un paiement équitable s’ils sont traités conformément aux règles et aux procédés énoncés dans la Loi sur les grains du Canada et le Règlement sur les grains du Canada. Il convient de noter que toutes les plaintes déposées par des agriculteurs font l’objet d’une enquête afin de faciliter l’indemnisation conformément aux exigences de la Loi sur les grains du Canada et du Règlement sur les grains du Canada. Les résultats s’approchent du 100 %, et l’indicateur prouve que les programmes et services de la Commission canadienne des grains donnent les résultats escomptés.Note de bas de page 19

L’unité de conformité répond aux plaintes des producteurs et les aide à obtenir les paiements ainsi qu’à présenter les demandes de détermination définitive de la qualité.Note de bas de page 23 Conformément à la recommandation d’incidence moyenne de la vérification de l’agrément et de la conformité de 2012 de consigner les plaintes et les demandes de renseignementsNote de bas de page 24, on pourrait mieux recueillir et déclarer les rapports relatifs à ces interactions pour souligner l’utilité des activités de conformité et orienter les futures décisions relatives au programme.

Constatation (Rendement 6) : Le programme offre du soutien de sorte que les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain, à l’extérieur des situations de défaut de paiement et de réclamation. En raison du manque de suivi et de mesures sur les activités, il est difficile de démontrer la valeur de cette unité.

Recommandation (Rendement 6) : L’unité de conformité devra mettre au point un nouvel outil de suivi des activités afin de recueillir des données sur les paiements versés aux producteurs avec qui l’unité a collaboré pour faciliter les paiements et sur les autres moyens utilisés pour assurer la protection des producteurs et soutenir les services d’agrément et d’audit.

4.4 Efficacité et améliorations

Certains estiment que ce programme présente des coûts élevés. Les revenus actuels ne couvrent pas les coûts du programme, et un examen des droits est en cours. Simultanément, les responsables du programme ont indiqué que les niveaux actuels de ressources sont limités. Avant que des ressources supplémentaires soit recommandées, les évaluateurs ont examiné l’utilisation des ressources existantes et mis en évidence des domaines où l’efficacité pourrait être améliorée.

4.4.1 Exigences relatives aux bases de données

Les responsables du Programme d’agrément et de garantie ont affecté un employé équivalent temps plein afin qu’il donne des conseils sur le projet de portail MaCCG, qui a commencé en janvier 2021, et sur le récent projet de modernisation de la délivrance de licences. Cette affectation est devenue une nomination permanente en mars 2025. De plus, plusieurs autres membres du personnel du programme ont fourni des commentaires à titre d’experts en la matière, au besoin.

Le déploiement du portail MaCCG pour que les titulaires de licence puissent soumettre les rapports sur le passif a été bien accueilli. Les titulaires de licence interrogés ont indiqué un niveau élevé de satisfaction à l’égard du portail ainsi qu’un niveau élevé de satisfaction globale quant au soutien qu’ils ont reçu du personnel de toutes les unités du Programme d’agrément et de garantie. Le portail présente toutefois certaines lacunes et ne tient actuellement pas compte des rapports des autres titulaires de licence, notamment les demandes de licence et de renouvellement, les audits et examens ou les activités de conformité et d’application de la loi.

L’évaluateur a seulement pu recueillir une documentation limitée concernant le projet de portail MaCCG. Selon les renseignements recueillis oralement, le projet de portail MaCCG a été lancé au cours de l’exercice 2020-2021 et a commencé à offrir une fonction complète de rapports sur le passif en octobre 2023. L’automatisation de la majorité des autres fonctions essentielles durera plus de deux ans. On commence à élaborer « The Hub », l’interface interne de MaCCG. Lors d’entrevues avec des informateurs clés, les responsables et la direction du programme ont dit se demander si le « Hub » conviendrait et fonctionnerait pour de futures exigences relatives aux systèmes internes et quelle serait sa rapidité d’exécution. Le projet de modernisation de la délivrance de licences, plus récent, a progressé après l’achèvement de la collecte d’information pour cette évaluation et continue de répondre à ces exigences relatives aux systèmes internes.

Entre-temps, le programme conserve des feuilles de calcul et des systèmes distincts pour la gestion des renseignements internes. Cela comprend les demandes de nouvelles licences, les renouvellements, le paiement des droits, les cotes de risques, les rapports sur le passif, l’établissement et la surveillance des niveaux de garantie, les audits et examens, les réclamations et leur admissibilité, les paiements, les activités de conformité et d’application de la loi ainsi que la gestion des coordonnées des producteurs et des titulaires de licence. Durant l’évaluation, les utilisateurs ont indiqué que certains des systèmes existants qu’ils utilisent actuellement ne tiennent pas compte des processus de programme modernisés, sont fondés sur un codage désuet et risquent de ne plus être soutenus par le soutien technique. Certains des systèmes existants sont sensibles aux interruptions de connexion, et les données se perdent, et il faut donc saisir de nouveau l’information. Par conséquent, les membres du personnel du programme ont créé de nombreuses feuilles de calcul pour pallier ces systèmes et ils consignent les mêmes renseignements dans ces multiples feuilles de calcul à répétition. Le dédoublement de la saisie manuelle des données nécessite d’importantes ressources. De plus, le personnel et la direction du programme ne peuvent pas facilement extraire les renseignements recueillis par d’autres unités et les résumer en un seul endroit. Le chef de l’audit doit ouvrir manuellement de multiples fichiers pour vérifier l’état d’avancement d’audits en cours au lieu de tout voir dans un tableau de bord, une pratique standard dans les logiciels d’audit actuels. Ce système disparate de gestion de l’information limite la capacité de produire des rapports significatifs et exhaustifs aux fins de prise de décisions dans le cadre du programme. En raison de l’absence de système de gestion des coordonnées, il peut arriver que les unités d’agrément, d’audit et de conformité ne soient pas au courant de leurs communications et contacts en cours respectifs avec les titulaires, ce qui peut nuire à la prestation des services.

Le personnel indique constamment qu’il faudrait établir une base de données adaptée et centralisée combinant les feuilles de calcul et systèmes existants en une seule source dans laquelle il faut utiliser un identifiant de titulaire de licence, ce qui permettrait aux responsables du programme de prendre des décisions éclairées en temps opportun concernant les titulaires de licence et leur statut d’agrément. Il faudrait évaluer de nouveau les besoins en tentant de trouver un système qui permet de maintenir les niveaux élevés actuels de sécurité et de confidentialité des données. Il a été établi que les fonctionnalités suivantes étaient nécessaires pour toute nouvelle base de données :

  • gestion des dossiers et des documents;
  • fonction de rapport et de consultation fondée sur l’identifiant du titulaire de licence;
  • capacité d’afficher l’ensemble des coordonnées et des dossiers des titulaires de licence au même endroit (statut d’agrément et coordonnées, rapports sur le passif, cote de risque des titulaires et surveillance des risques, suivi et statut des audits et examens, gestion des coordonnées, plaintes des producteurs, réclamations, admissibilité et paiements);
  • rapports dans le tableau de bord.

Le projet de modernisation de la délivrance de licences, qui vise à régler ce problème, est géré conjointement par différents groupes. Le bureau de gestion de projet est chargé de gérer la portée, le calendrier et le budget. L’équipe de la Gestion de l’information et services de technologie (GIST) supervise la mise au point de technologie et les échéanciers connexes. Le conseiller principal en programmes du Programme d’agrément et de garantie est le propriétaire du produit et est responsable de déterminer les besoins des utilisateurs et les priorités de développement. Parfois, ces rôles et responsabilités se chevauchent ou manquent de clarté.

Voici ce qui est en cours d’élaboration :

  • charte de projet et échéancier pour l’achèvement du projet de modernisation de la délivrance de licences;
  • entretien de MaCCG et du « Hub »;
  • fonctionnalités supplémentaires et rapports dans MaCCG;
  • exigences en matière de formation et de perfectionnement des compétences internes.

Constatation (Efficacité 1) : Le projet est en cours et est axé sur l’amélioration et la modernisation des processus organisationnels. Le bureau de gestion de projet, GIST, et le propriétaire des produits d’agrément et de garantie gèrent conjointement les rôles, les responsabilités et les échéances du projet, lesquels manquent parfois de clarté. Au cours de l’évaluation, des préoccupations ont été soulevées concernant l’uniformité de l’approche, la charte de projet, les compétences internes et la formation sur les systèmes. Les efforts actuels ne permettent pas de répondre aux besoins du programme.

Recommandation (Efficacité 1): Tirer parti de la technologie pour soutenir la modernisation et l’exécution du programme; cette mesure constitue une priorité essentielle qui permettra d’accroître l’efficacité du projet, d’améliorer la qualité de la prestation de services, d’améliorer la protection des producteurs, de réduire les erreurs et d’optimiser l’utilisation des ressources du programme. Ce projet est une grande priorité de l’organisation. Cerner les obstacles au projet et créer un plan de mise en œuvre en vue d’éliminer ces obstacles; ce plan doit également viser à améliorer l’efficacité du projet, à favoriser le respect des échéances, à faire progresser l’exécution et à répondre aux besoins du programme en matière de prestation de services. Ce travail pourrait nécessiter du soutien supplémentaire ou l’accélération des travaux.

4.4.2 Certification de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et système de gestion de la qualité

Lors du réaménagement des effectifs de la Commission canadienne des grains au cours de l’exercice 2013-2014, le Programme d’agrément et de garantie a été transféré des Services organisationnels aux Services à l’industrie. Comme les Services à l’industrie cherchaient à obtenir la certification ISO pour la division, obtenir la certification ISO pour le Programme d’agrément et de garantie est devenu une priorité de la direction de la division. De plus, à la suite de la vérification de l’agrément et de la conformité de 2012, on a recommandé la (faible impact) mise en œuvre d’un système amélioré de gestion de la qualité interne. À l’époque, il y a eu un changement de culture en raison de deux cas très médiatisés de défaut de paiement de la part de compagnies céréalières agréées et des poursuites judiciaires qui ont suivi, ce qui a mis en évidence la nécessité de rendre le programme et ses processus d’agrément plus rigoureux.

Depuis, les responsables du programme se concentrent sur son système de gestion de la qualité, et le programme a obtenu sa certification ISO en 2024. Selon des discussions avec des intervenants internes et des entrevues avec le personnel du programme, le système de gestion de la qualité a permis une amélioration importante et continue du programme, y compris l’achèvement des guides et des instructions de travail. Ces documents sont terminés et se veulent évolutifs. Des normes de service internes ont été établies pour chaque unité. Des normes de service externes ont été établies pour la fonction d’agrément.Note de bas de page 25 Toutes les normes de service relatives aux licences de pleine durée et à court terme ont été dépassées depuis le début du suivi en 2020.

Le personnel du programme et les intervenants internes sont d’avis que la certification ISO offre cependant une valeur limitée pour ce programme et entraîne l’utilisation de beaucoup de ressources du programme qui pourraient être utilisées de façon plus judicieuse. Selon le site de l’ISO, la certification ISO offre des avantages comme une meilleure intégration des processus, une économie de temps et l’amélioration du processus décisionnel. On estime que ces avantages ont été obtenus grâce au système de gestion de la qualité interne. La confiance des consommateurs, la crédibilité et la réputation sont d’autres avantages de la certification ISO qui ont été mentionnés. Les membres du personnel du programme indiquent que les parties externes ne posent pas de questions à propos de la certification ISO et ne sont habituellement pas au courant de celle-ci et que la certification n’a offert aucun avantage quant à la réputation (un des avantages habituels de la certification ISO).Note de bas de page 26

Constatation (Efficacité 2) : Les efforts visant à obtenir une certification ISO pour ce programme consomment les ressources limitées du programme et apportent peu de valeur au programme ou aux intervenants.

Recommandation (Efficacité 2) : Mettre fin aux efforts liés à la certification ISO afin de réduire la demande sur le personnel en place, d’améliorer la prestation de services et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources à disposition. Continuer de recourir au système actuel de gestion de la qualité qui a été mis en œuvre et qui apporte une valeur continue.

4.4.3 Utilisation des ressources

Durant l’évaluation, on a noté plusieurs améliorations récentes de l’efficacité qui ont réduit la demande sur le personnel en place :

  • réduction et simplification des rapports de la Commission;
  • amélioration du portail MaCCG (services en ligne) pour la soumission des rapports sur le passif, ce qui a permis de réduire le nombre de questions soumises par les titulaires de licence et le temps que devait prendre le personnel du programme pour faire le suivi des renseignements fournis dans les rapports;
  • mise en œuvre de gabarits pour recueillir les renseignements des titulaires de licence, dans la mesure du possible;
  • simplifier les processus d’audit et d’examen, dans la mesure du possible.

L’évaluation a mis en évidence d’autres domaines où des gains d’efficacité pourraient être réalisés pour réduire la demande sur le personnel en place :

  • il faut simplifier les processus d’approbation pour les communications à propos du programme qui sont destinées au public;
  • il faut simplifier encore plus les processus d’audit et d’examen;
  • il faut améliorer la connectivité et le soutien technique lors des audits sur place; il y a actuellement un nombre insuffisant d’unités Wi-Fi portatives, et les membres du personnel doivent se les partager lors des audits sur place;
  • la solution actuelle pour la connectivité lors des audits sur place est l’utilisation d’unités Wi-Fi portatives; un nombre insuffisant de ces unités portatives cause actuellement une utilisation inefficace des ressources; on pourrait améliorer l’efficacité du programme en s’assurant de disposer d’un nombre suffisant de ces unités portatives;
  • au besoin, il faut affecter des ressources supplémentaires lors d’un défaut de paiement de la part de compagnies céréalières agréées;
  • il faut du soutien pour l’élaboration de politiques relatives au programme;
  • il faut revoir les responsabilités et les ressources du programme liées à la collecte de renseignements pour d’autres ministères, comme les certificats de pesée pour l’agrément initial, la clause de pénalité, les déclarations d’admissibilité et la surveillance dans l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), etc.

Bien que ces activités soient liées au programme et essentielles pour d’autres unités de la Commission canadienne des grains, le programme n’a pas reçu de ressources supplémentaires pour ces autres activités, ce qui pourrait avoir une incidence sur la prestation des services.

Constatation (Efficacité 3) : Des secteurs dans lesquels l’efficacité pourrait être améliorée ont été mis en évidence; ces améliorations permettraient de réduire la demande sur le personnel, d’améliorer davantage la prestation de services et de favoriser la réduction des coûts du programme.

Recommandation (Efficacité 3) : Apporter les modifications au programme ci-dessous afin d’améliorer l’utilisation des ressources :

  • simplifier les processus d’audit;
  • mettre en place une solution de connectivité qui permettrait de disposer rapidement d’une connexion pour les audits sur place (l’état actuel des unités Wi-Fi portatives pour les audits sur place ne permet pas de répondre aux besoins du programme);
  • examiner les processus d’approbation des communications internes pour cerner des possibilités de simplification;
  • revoir les responsabilités et les ressources du programme liées à la collecte de renseignements;
  • offrir des ressources supplémentaires au programme, au besoin, lors d’un défaut de paiement afin d’assurer la continuité de la prestation de services;
  • examiner le niveau de soutien stratégique accordé au programme dans le but de cerner des possibilités de libérer d’autres ressources du programme.

4.4.4 Examen externe des modèles d’établissement des cotes de risque et de calcul des garanties

Un examen externe des modèles utilisés par le programme pour l’établissement des cotes de risque et le calcul des garanties est réalisé actuellement aux fins suivantes, en fonction des meilleures pratiques de l’industrie qui s’appliquent :

  • examiner le rendement actuel des deux modèles;
  • chercher d’autres possibilités d’amélioration;
  • améliorer l’efficacité des deux modèles pour une prestation des services en temps opportun.

Des titulaires de licence ont soulevé des préoccupations à propos du manque de transparence quant à la façon dont les cotes de risque sont établies et dont les garanties sont calculées. Certains titulaires de licence estiment qu’ils sont assurés de manière démesurée, et certains nouveaux titulaires de licence estiment qu’ils ont reçu une cote de risque injustement élevée simplement parce qu’ils sont nouveaux, ce qui n’est peut-être pas vrai dans tous les cas et ne tient peut-être pas compte de leur force financière et profil de risque.

Constatation (Efficacité 4) : Dans un souci d’amélioration continue du programme et de la prestation de services, les responsables du programme ont entrepris un examen de la méthode d’attribution des cotes de risque et de la méthode de fixation du niveau de garantie utilisées dans les modèles. Cet examen est en cours.

Recommandation (Efficacité 4) : Transmettre les commentaires des titulaires de licence concernant la transparence des modèles de risque et de garantie afin qu’ils soient pris en compte dans le cadre de l’examen externe en cours. (Aucun plan d’action de la direction nécessaire.)

5. Conclusion

L’évaluation du programme a permis de trouver de nombreuses preuves selon lesquelles le Programme d’agrément et de garantie de la Commission canadienne des grains est toujours nécessaire. Le programme est bien utilisé, atteint les objectifs escomptés et est conforme aux priorités, aux rôles et aux responsabilités du gouvernement.

Des secteurs à améliorer ont été relevés. La présence persistante de compagnies céréalières non agréées dont les activités constituent une infraction à la Loi sur les grains du Canada mine la capacité du programme à protéger les producteurs. De plus, elle confère un avantage concurrentiel aux compagnies céréalières non agréées, dont les coûts sont moins élevés que ceux des compagnies agréées. On estime que les coûts que doivent engager les titulaires de licence pour se conformer au programme sont un obstacle possible à l’entrée de compagnies nouvelles et plus petites. Il y a des possibilités importantes d’améliorer le programme grâce à une communication continue avec les producteurs afin de renforcer leur connaissance du programme ainsi que grâce à la formation des titulaires de licence et à la communication avec ceux-ci.

Cette évaluation a également permis de formuler plusieurs recommandations en vue d’améliorer l’efficacité du programme et l’utilisation des ressources. La recommandation la plus importante concerne l’établissement en temps opportun d’une base de données adaptée et centralisée qui utilise les identifiants des titulaires de licence, combine les feuilles de calcul et systèmes existants en une seule source et comprend des fonctions de production de rapports et de gestion des coordonnées.

6. Attestation

Le dirigeant principal de la vérification et de l’évaluation souhaite remercier le groupe de travail sur l’évaluation, le ministère des Finances, l’équipe d’évaluation et les personnes qui ont formulé de la rétroaction dans le cadre de cette évaluation.

7. Utilisation de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (Microsoft Copilot) a servi dans la production du présent rapport pour la synthèse et l’analyse des documents accessibles au public et pour la production et le peaufinage de certaines sections du rapport. Des professionnels humains ont révisé la version définitive du rapport afin d’en assurer l’exactitude.

Annexe 1 : Constatations, recommandations et plans d’action de la direction

Le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre les plans d’action de la direction, sauf lorsque c’est expressément indiqué. La direction accepte toutes les recommandations.

Le tableau ci-dessous résume les constatations et les recommandations formulées pendant l’évaluation du programme qui nécessitent des plans d’action de la direction.
Pertinence (2) Observation et constatations Répercussion potentielle Recommandations Plans d’action de la direction
(P1) 4.1.1 Nécessité de maintenir le programme Il est nécessaire de maintenir le programme. Plusieurs améliorations à apporter ont été signalées. Amélioration continue du programme Continuer à bonifier le programme à la lumière des recommandations d’amélioration ou de révision indiquées dans le rapport. Aucun plan d’action de la direction requis
(P2) 4.2 Harmonisation avec les priorités, les rôles et les responsabilités du gouvernement Le programme est en phase avec les priorités, les rôles et les responsabilités du gouvernement. Amélioration continue du programme Continuer à bonifier le programme à la lumière des recommandations d’amélioration ou de révision indiquées dans le rapport. Aucun plan d’action de la direction requis
Rendement (6) Observation et constatations Répercussion potentielle Recommandations Plans d’action de la direction
(R1) 4.3.2a Mesures contre les exploitants non agréés Malgré le pourcentage élevé des ventes de grain aux exploitants agréés, la présence constante des compagnies céréalières non agréées qui contreviennent à la Loi sur les grains du Canada (la Loi) inquiète les intervenants. Ces derniers ont l’impression que cette situation mine la capacité du programme à protéger les producteurs et donne aux compagnies céréalières non agréées un avantage concurrentiel, ce qui entraîne des coûts moins élevés comparativement aux compagnies céréalières agréées.

Il pourrait être nécessaire de favoriser l’élaboration de politiques internes, des modifications à la Loi et des changements dans la réglementation pour prendre des mesures contre les exploitants non agréés.
Répercussions sur la prestation de service Réaliser et mettre en œuvre un plan révisé d’application pour prendre des mesures contre les exploitants non agréés. Pour ce faire, il faudra :

  1. cerner d’autres lacunes connexes ayant trait aux politiques et élaborer des politiques internes complémentaires, pour ce qui est du domaine de réglementation relatif aux exploitations non agréées, ce qui permettra au programme d’être dans les limites de la Loi;
  2. trouver le juste équilibre entre la nécessité d’appliquer les exigences de délivrance de licences et le pouvoir discrétionnaire de la Commission de refuser de délivrer une licence à un exploitant.
La direction accepte cette recommandation.

Le directeur, Services à l’industrie, et le directeur général, Innovation et stratégie, s’occupent tous deux de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.

À l’automne 2025, la Commission canadienne des grains entamera un vaste examen réglementaire sur les activités et les paramètres du programme des mesures de protection. L’examen comprendra les éléments suivants en ce qui a trait aux exploitants non agréés :

  • cerner les lacunes dans les politiques et les processus, et y remédier (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action de la direction jusqu’à l’élaboration de nouvelles politiques et jusqu’au début de la mise en œuvre);
  • mettre au point une stratégie d’application qui porte sur les risques et le pouvoir discrétionnaire de la Commission (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action de la direction jusqu’à la présentation des options proposées à la Commission aux fins de décision);
  • analyser les paramètres de réglementation et élaborer des options de changements réglementaires (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action de la direction jusqu’à la présentation des options proposées à la Commission aux fins de décision).

Ces éléments livrables seront mis au point au sein du cadre législatif en vigueur et seront approuvés par le chef de l’exploitation au plus tard le 30 décembre 2026.

Remarque : Puisque la Commission canadienne des grains n’a aucun contrôle sur les modifications apportées à la Loi, toute recommandation de changement législatif découlant de la présente analyse sera transmise à la Direction générale des politiques stratégiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, en son rôle de responsable de l’examen de la Loi sur les grains du Canada.
(R2) 4.3.2b Examen des catégories de licences Les intervenants externes s’inquiètent que les catégories de licences deviennent désuètes par rapport à l’industrie changeante, ce qui entraîne une hausse du nombre d’exploitants exemptés ou non agréés. Au fil du temps, de nouveaux types d’entreprises qui ont vu le jour sont incompatibles avec les catégories de licences prescrites. Dans le cadre du programme en place, les producteurs qui ont à composer avec ces exploitants exemptés ne sont pas admissibles à une indemnisation en cas de défaut de paiement. Répercussions sur la prestation de service Passer en revue les catégories de licences et leur pertinence dans le milieu actuel (en mettant l’accent sur les exemptions) et recommander des mises à jour. Puisque des modifications législatives ou réglementaires sous l’autorisation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada seront nécessaires, il faudra :

  1. transmettre une copie de la présente évaluation à l’équipe d’Agriculture et Agroalimentaire Canada chargée de l’examen de la Loi sur les grains du Canada;
  2. élaborer des politiques internes complémentaires, pour ce qui est des domaines de réglementation relatifs aux catégories de licences, ce qui permettra de prendre des mesures au sein du programme.
La direction accepte cette recommandation.

Le directeur, Services à l’industrie, et le directeur général, Innovation et stratégie, s’occupent tous deux de mettre en œuvre le plan d’action de la direction.

À l’automne 2025, la Commission canadienne des grains entamera un vaste examen réglementaire sur les activités et les paramètres du programme de Mesures de protection des producteurs de grain. L’examen comprendra les éléments suivants en ce qui a trait aux catégories de licences :

  • cerner les lacunes dans les politiques et les processus, et y remédier (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action de la direction jusqu’à l’élaboration de nouvelles politiques et jusqu’au début de la mise en œuvre);
  • évaluer la possibilité d’implanter des sous-catégories de licences (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action jusqu’à l’achèvement de l’évaluation et jusqu’au début de la mise en œuvre);
  • analyser les paramètres de réglementation et élaborer des options de changements réglementaires (on continuera à réaliser un suivi du plan d’action de la direction jusqu’à la présentation des options proposées à la Commission aux fins de décision).

Ces éléments livrables seront mis au point au sein du cadre législatif en vigueur et seront approuvés par le chef de l’exploitation au plus tard le 30 décembre 2026.

Remarque : Puisque la Commission canadienne des grains n’a aucun contrôle sur les modifications apportées à la Loi, toute recommandation de changement législatif découlant de la présente analyse sera transmise à la Direction générale des politiques stratégiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, en son rôle de responsable de l’examen de la Loi sur les grains du Canada.
R3) 4.3.3a Formation des titulaires de licence On a signalé récemment d’importantes améliorations dans ce domaine ainsi qu’une satisfaction élevée du personnel du programme. Il faut mettre en place de la formation sur les demandes de licence et de renouvellement à l’intention des titulaires de licence ainsi que des processus de production de rapports sur le passif et d’examen d’audits, afin qu’il y ait une meilleure compréhension du programme, une amélioration de la prestation de service et une diminution du nombre de ressources du programme affecté à l’obtention de documents exigés auprès des titulaires. Répercussions sur la prestation de service Élaborer des activités éducatives et formatives améliorées destinées aux nouveaux titulaires de licence et aux nouveaux membres du personnel de titulaires actuels, en tenant compte des méthodes demandées par les intervenants, à savoir davantage d’interactions en personne, un soutien par téléphone, de meilleurs documents de référence et des tutoriels vidéo. De cette façon, on améliorera la prestation de service et on utilisera mieux les ressources du programme en réduisant le nombre d’erreurs dans les rapports présentés. Par exemple, les titulaires de licence ont demandé à ce qu’il leur soit fourni une trousse de renseignements avant les audits sur place et les examens du document de travail. Les Communications devront apporter leur soutien. Le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction avec le soutien du directeur général, Innovation et stratégie.

  • Dans le cadre du projet de modernisation de la délivrance de licences MaCCG, la direction soutiendra les titulaires de licences en élaborant et en offrant des instructions de travail, de la formation et d’autres mesures de soutien.
  • Cet élément livrable sera terminé d’ici le 31 mars 2027, sous réserve de l’approbation du projet MaCCG.

La direction rendra compte de l’état d’avancement des mesures de soutien et de la formation destinées aux titulaires de licence à son cycle courant de production de rapports sur le projet de modernisation de la délivrance de licences MaCCG au Comité ministériel d’audit (CMA), deux fois par an jusqu’en décembre 2027.
(R4) 4.3.3b Plan de communication pour les titulaires de licence (identique à la partie précédente) Répercussions sur la prestation de service Mettre au point et instaurer une stratégie de communication à l’intention des titulaires de licence pour les mobiliser en leur envoyant des courriels et des alertes lors de la publication de nouveaux renseignements ayant trait au programme sur le site Web de la Commission canadienne des grains. Les Communications devront apporter leur soutien. La direction accepte cette recommandation.

Le directeur général, Innovation et stratégie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.

La Commission canadienne des grains mettra un service de diffusion par courriel à la disposition de tous les titulaires de licence. Cet élément livrable sera mis en œuvre au plus tard le 30 mars 2026.

La Commission instaurera aussi un centre de messagerie MaCCG pour transmettre de l’information directement aux titulaires de licence. Cet élément livrable sera terminé d’ici le 30 mars 2027.
(R5) 4.3.4 Communication aux producteurs et connaissance du programme
  1. Il faut clarifier le rôle du programme et les responsabilités des producteurs dans le cadre de celui-ci. Par exemple, les réclamations inadmissibles ne sont pas couvertes au sein du programme et il incombe aux producteurs de s’assurer de respecter les critères d’admissibilité.
  2. Il y a lieu de contribuer à l’accroissement des connaissances des producteurs à propos du programme et des communications opérationnelles en tenant compte du fait que tous les producteurs n’ont pas les mêmes préférences quant aux moyens de communication. Les producteurs ne sont pas un groupe homogène. Certains pourraient tout simplement ne pas souhaiter participer au programme et se déclareraient inadmissibles à l’indemnisation. Malgré les efforts considérables de la Commission dans ce domaine par le passé, bon nombre de producteurs ne reçoivent pas de renseignements sur le programme.
Répercussions sur la prestation de service Mettre en œuvre une méthode pour améliorer les connaissances des producteurs à propos du programme et un plan de communication axé sur leurs responsabilités et les critères d’admissibilité. Le plan doit comporter une approche segmentée à volets multiples qui permet d’atteindre différents producteurs, au moyen de nouveaux moyens de communication ciblés. Les renseignements découlant de cette évaluation donneront une bonne idée de la situation. La direction accepte cette recommandation.

Le directeur général, Innovation et stratégie, s’occupera de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction avec le soutien du directeur, Services à l’industrie.

  • La direction mettra au point une stratégie mise à jour de mobilisation des producteurs et un plan de communication qui cernera les lacunes et comprendra une approche à canaux multiples, d’après les renseignements tirés de l’évaluation.
  • Elle demandera aux producteurs de fournir leurs préférences en matière de communication dans l’optique d’un sondage élargi prévu à leur intention.

Ces éléments livrables seront terminés d’ici le 30 mars 2027

  • La direction dressera et mettra en œuvre un plan d’action (date à communiquer selon le plan d’action, suivi du CMA deux fois par an jusqu’à son terme).
(Rendement 6) 4.3.5 Suivi des activités et des résultats liés à la conformité Le programme offre du soutien de sorte que les producteurs sont dûment rémunérés pour leur grain, à l’extérieur des situations de défaut de paiement et de réclamation. En raison du manque de suivi et de mesures sur les activités, il est difficile de démontrer la valeur de cette unité. Prise de décisions touchant le programme L’unité de conformité devra mettre au point un nouvel outil de suivi des activités afin de recueillir des données sur les paiements versés aux producteurs avec qui l’unité a collaboré pour faciliter les paiements et sur les autres moyens utilisés pour assurer la protection des producteurs et soutenir les services d’agrément et d’audit. La direction accepte cette recommandation.

Le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.

  • La direction accepte d’assurer le suivi des activités de l’unité de conformité et des résultats relatifs au soutien des producteurs.
  • La direction accepte de mettre au point un nouvel outil ou une nouvelle feuille de calcul pour faire le suivi du type d’activités réalisées et des résultats (y compris les paiements versés aux producteurs).
  • Cet outil facilitera la production de rapports en temps réel sur les activités et les interventions de l’unité de conformité et permettra de démontrer la valeur de ces activités.
  • La mise en œuvre du nouvel outil ou de la nouvelle feuille de calcul est prévue le 30 juin 2026.
Efficacité et amélioration du programme (4) Observation et constatations Répercussion potentielle Recommandations Plans d’action de la direction
(Efficacité 1) 4.4.1 Exigences relatives aux bases de données Le projet est en cours et est axé sur l’amélioration et la modernisation des processus organisationnels. Le Bureau de gestion de projet, au sein de Gestion de l’information et services de technologie (GIST), et le propriétaire des produits d’agrément et de garantie gèrent conjointement les rôles, les responsabilités et les échéances du projet, lesquels manquent parfois de clarté. Au cours de l’évaluation, des préoccupations ont été soulevées concernant l’uniformité de l’approche, la charte de projet, les compétences internes et la formation sur les systèmes. Les efforts actuels ne permettent pas de répondre aux besoins du programme. Utilisation des ressources Tirer parti de la technologie pour soutenir la modernisation et l’exécution du programme; cette mesure constitue une priorité essentielle qui permettra d’accroître l’efficacité du projet, d’améliorer la qualité de la prestation de services, d’améliorer la protection des producteurs, de réduire les erreurs et d’optimiser l’utilisation des ressources du programme. Ce projet est une grande priorité de l’organisation. Cerner les obstacles au projet et créer un plan de mise en œuvre en vue d’éliminer ces obstacles; ce plan doit également viser à améliorer l’efficacité du projet, à favoriser le respect des échéances, à faire progresser l’exécution et à répondre aux besoins du programme en matière de prestation de services. Ce travail pourrait nécessiter du soutien supplémentaire ou l’accélération des travaux. La direction accepte cette recommandation.

Le chef des opérations s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.

  • La direction a pris plusieurs mesures pour préciser les rôles et les responsabilités, mettre en place des mécanismes visant à éliminer les obstacles et clarifier les échéances prévues dans la charte de projet approuvée. (La direction accepte de fournir une copie de la charte de projet.)
  • Le comité directeur du projet se rencontrera tous les mois dans le but d’évaluer l’état du projet et communiquera régulièrement les comptes rendus de ses réunions.
  • La direction rendra compte de l’état d’avancement du projet à la Commission tous les trimestres et communiquera régulièrement les comptes rendus des réunions de la Commission.
  • La direction rendra compte de l’état d’avancement du projet au CMA deux fois par an, et les comptes rendus des réunions du CMA seront communiqués régulièrement.
  • Les activités liées à ces produits livrables seront réalisées jusqu’en décembre 2027.
(Efficacité 2) 4.4.2 Certification ISO Les efforts visant à obtenir une certification ISO consomment les ressources limitées du programme et apportent peu de valeur au programme ou aux intervenants. Utilisation des ressources Mettre fin aux efforts liés à la certification ISO afin de réduire la demande sur le personnel en place, d’améliorer la prestation de services et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources à disposition. Continuer de recourir au système actuel de gestion de la qualité qui a été mis en œuvre et qui apporte une valeur continue. La direction accepte cette recommandation.

Le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.

  • La direction élaborera un plan de transition à partir de la certification ISO, y compris un plan de communication avec le personnel et les intervenants.
  • Le plan de transition comprendra une stratégie de maintien du système de gestion de la qualité.
  • Le plan de transition sera achevé le 30 décembre 2025.
  • La mise en œuvre et la communication du plan aux intervenants débuteront le 30 mars 2026.
(Efficacité 3) 4.4.3 Utilisation des ressources Des secteurs dans lesquels l’efficacité pourrait être améliorée ont été mis en évidence; ces améliorations permettraient de réduire la demande sur le personnel, d’améliorer davantage la prestation de services et de favoriser la réduction des coûts du programme. Utilisation des ressources Apporter les modifications au programme ci-dessous afin d’améliorer l’utilisation des ressources :
  • simplifier les processus d’audit;
  • mettre en place une solution de connectivité qui permettrait de disposer rapidement d’une connexion pour les audits sur place (l’état actuel des unités Wi-Fi portatives pour les audits sur place ne permet pas de répondre aux besoins du programme);
  • examiner les processus d’approbation des communications internes pour cerner des possibilités de simplification;
  • revoir les responsabilités et les ressources du programme liées à la collecte de renseignements;
  • offrir des ressources supplémentaires au programme, au besoin, lors d’une situation active de défaut de paiement afin d’assurer la continuité de la prestation de services;
  • examiner le niveau de soutien stratégique accordé au programme dans le but de cerner des possibilités de libérer d’autres ressources du programme.
La direction accepte cette recommandation.

  • La direction accepte d’analyser les ressources, les responsabilités et la charge de travail (en s’appuyant sur les puces de la colonne Recommandations) et d’apporter des ajustements dans les domaines où des possibilités de gains d’efficacité sont cernées, puis de rendre compte de son analyse initiale et de l’état du plan de mise en œuvre d’ici le 30 juin 2026. (Le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction.)
  • La direction accepte (en collaboration avec la GIST) de donner accès, d’ici le 30 janvier 2026, à une connexion Wi-Fi aux fins de la réalisation des audits sur place (le dirigeant principal de l’information s’occupe de la mise en œuvre de ce plan d’action de la direction).
  • La direction cernera les possibilités de simplification des processus d’approbation des communications internes d’ici le 30 janvier 2026 (le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction, avec l’appui du directeur exécutif, Innovation et stratégie).
  • La direction examinera le niveau de soutien stratégique accordé au programme, ainsi que l’approche adoptée pour le faire, d’ici le 30 janvier 2026 (le directeur, Services à l’industrie, s’occupe de mettre en œuvre ce plan d’action de la direction, avec l’appui du directeur exécutif, Innovation et stratégie).
(Efficacité 4) 4.4.4 Examen externe des modèles d’attribution des cotes de risque et de fixation du niveau de garantie Dans un souci d’amélioration continue du programme et de la prestation de services, les responsables du programme ont entrepris un examen de la méthode d’attribution des cotes de risque et de la méthode de fixation du niveau de garantie utilisées dans les modèles. Cet examen est en cours. Risque accru pour l’organisation/respect des pratiques exemplaires Transmettre les commentaires des titulaires de licence concernant la transparence des modèles de risque et de garantie aux fins de considération dans le cadre de l’examen externe en cours. (Aucun plan d’action de la direction requis.) Aucun plan d’action de la direction requis.

Annexe 2 : Méthode

Examen des renseignements sur le programme

  • Cadre et organigramme
  • Manuels et instructions de travail
  • Normes de service et mesures de rendement
  • Renseignements sur la dotation
  • Discussions avec le gestionnaire de programme et les gestionnaires d’unité

Examen des documents

Les documents examinés comprennent les suivants :

  • Loi sur les grains du Canada
  • Règlement administratif no 5 de la Commission canadienne des grains
  • Politiques et notes d’information internes pertinentes
  • Documents et avis juridiques
  • Commission canadienne des grains, Rapport sur les résultats ministériels 2023-2024
  • Plan stratégique de 2025 à 2028
  • Documents de la Commission
  • Lettres de mandat accessibles au public de la période visée (2022)
  • Documents de consultation publique (examen de la Loi sur les grains du Canada)
  • Articles de presse pertinents (plus de 100)
  • Documents d’orientation et sites Web de groupes agricoles

Données existantes

  • Données sur les réclamations
  • Données sur les titulaires de licence
  • Renseignements de l’examen des droits et de l’exercice d’établissement des coûts
  • Examens et audits antérieurs

Entrevues avec les informateurs clés

Des entrevues avec des informateurs clés appartenant aux groupes touchés ont été menées afin de recueillir un large éventail de points de vue et d’opinions concernant le programme. Ces entrevues ont été réalisées au cours des exercices 2024-2025 et 2025-2026.

Les invitations aux entrevues ont été envoyées à l’externe à des producteurs, à des groupes agricoles et aux titulaires de licence. Les entrevues pouvaient se tenir virtuellement ou en personne et pouvaient se dérouler dans les deux langues officielles. Les entrevues avec les informateurs clés comprenaient à la fois des questions ouvertes et des questions avec échelle d’évaluation. Les questions d’entrevue visaient à recueillir les points de vue des informateurs clés sur la pertinence et le rendement du programme. Les réponses ont été recueillies, analysées et résumées, puis utilisées pour orienter les recommandations formulées dans le présent rapport. Les noms et les réponses des personnes interrogées sont restés confidentiels.

L’évaluateur a mené un total de 25 entrevues auprès de producteurs et de groupes agricoles. Les réponses de ces deux groupes ont été regroupées lors de l’analyse afin de représenter les points de vue des producteurs. Comme la Commission canadienne des grains ne dispose pas d’une base de données complète sur l’ensemble des producteurs, l’évaluateur n’est pas en mesure de fournir le taux de réponse de ce groupe d’intervenants externes.

Bon nombre d’entrevues ont été menées auprès de titulaires de licence, qui représentaient 36 compagnies agréées distinctes. Au moment de l’évaluation, cela représentait plus de 20 % du nombre total de licences délivrées par la Commission canadienne des grains, et certaines compagnies céréalières sont titulaires de plusieurs licences.

L’évaluateur a constaté plusieurs cas de chevauchement, c’est-à-dire des cas où la personne interrogée occupait plusieurs rôles (titulaire de licence, producteur, groupe agricole). Les informateurs clés ont été interrogés en tant que représentants du rôle qu’ils ont eux-mêmes choisi.

Les invitations aux entrevues ont été envoyées à l’interne au personnel responsable du Programme d’agrément et de garantie et à d’autres intervenants internes, notamment des Finances, du Bureau de gestion de projet et de la GIST. Toutes ces invitations ont donné lieu à une entrevue.

Contraintes et limites

Les contraintes et limites méthodologiques suivantes ont été relevées au cours de l’évaluation. Les mesures prises pour atténuer leurs répercussions sont indiquées.

Contrainte : Difficulté à joindre les producteurs pour les inviter aux entrevues avec les informateurs clés. De vastes efforts ont été déployés pour communiquer avec ce groupe d’informateurs clés. Les invitations ont été diffusées par l’intermédiaire de différents canaux :

  • groupes agricoles représentant différentes régions et types de cultures;
  • promotion à l’aide de publications organiques sur X (Twitter);
  • invitations de la Commission et du directeur exécutif, Innovation et stratégie, pendant des réunions publiques;
  • approche « boule de neige », c’est-à-dire que les personnes interrogées étaient invitées à transmettre l’invitation à d’autres producteurs.

La réponse a été limitée, de sorte que la taille de l’échantillon obtenu était petite. Il convient de souligner qu’aucun des producteurs interrogés n’a indiqué avoir participé à une réclamation. Cette situation limite la capacité de formuler des recommandations sur la procédure de réclamation dans le cadre de cette évaluation.

Mesures d’atténuation : Les points de vue et les opinions des groupes agricoles et des producteurs interrogés ainsi que les données sur les réclamations déposées au titre du programme ont été utilisés pour appuyer les constatations dans ce domaine. D’autres sources d’information ont été utilisées pour compléter ces constatations.

Contrainte : Manque de suivi des activités et des répercussions de l’unité de conformité. Ce groupe participe à de nombreuses activités qui soutiennent les producteurs et d’autres unités du programme. En raison du manque de données de suivi, l’évaluateur n’a pas été en mesure d’évaluer pleinement les avantages qu’apporte ce groupe ainsi que son efficacité.

Mesures d’atténuation : L’évaluateur a mené des entrevues avec les informateurs clés pour recueillir de l’information dans ce domaine.

Contrainte : D’autres initiatives et examens en cours, comme le projet de portail, l’examen externe du modèle de risque et de garantie du programme et l’examen des droits de la Commission canadienne des grains, ont une incidence sur la capacité de l’évaluateur à formuler des recommandations dans ces domaines.

Mesures d’atténuation : Évaluation reportée dans l’attente des résultats de ces autres activités.

Contrainte Possibilité de biais d’auto-sélection dans les entrevues avec les informateurs clés menées auprès des intervenants externes; cette situation pourrait faire en sorte que certains groupes démographiques sont surreprésentés ou sous-représentés.

Mesures d’atténuation : D’autres sources d’information à l’appui ont été utilisées pour étayer les constatations et les recommandations (consultations publiques sur l’examen de la Loi sur les grains du Canada, articles de presse et documents stratégiques accessibles au public des groupes agricoles).