Rapport « Ce que nous avons entendu » - Stratégie scientifique de la Commission canadienne des grains

Introduction

La Commission canadienne des grains est le ministère fédéral chargé d’appliquer la Loi sur les grains du Canada. Elle a pour mandat « de fixer et de faire respecter, au profit des producteurs de grain, des normes de qualité pour le grain canadien et de régir la manutention des grains au pays afin d’en assurer la fiabilité sur les marchés intérieur et extérieur. » L’article 14 de la Loi exige que la Commission canadienne des grains entreprenne, subventionne et encourage la recherche en matière de grains et de produits céréaliers.

La recherche et les activités scientifiques de la Commission canadienne des grains sont menées au Laboratoire de recherches sur les grains. Les travaux du Laboratoire contribuent à l’ensemble de la chaîne de valeur des grains et profitent aux Canadiens en tant que consommateurs de produits à base de grains. La collaboration avec les partenaires du secteur des grains permet à la Commission canadienne des grains de se tenir au courant des nouvelles avancées en matière de recherche et l’aide à adapter ses priorités de recherche aux nouveaux enjeux liés à la qualité et à la salubrité des grains canadiens.

La Commission canadienne des grains élabore actuellement une stratégie scientifique dont le but est de soutenir l’innovation, la recherche et les activités à caractère scientifique et à établir une vision pour l’avenir. La stratégie scientifique :

  • orientera nos activités liées à la recherche et à la science en fonction des nouvelles tendances en matière de qualité et de salubrité des grains;
  • veillera à ce que la science continue d’étayer le système d’assurance de la qualité des grains du Canada;
  • facilitera la prise de décisions à moyen et à long terme;
  • orientera les investissements dans les activités de l’organisation liées à la recherche et à la science.

Pour orienter l’élaboration de la stratégie scientifique, la Commission canadienne des grains a organisé une consultation auprès des intervenants, qui a eu lieu du 10 février au 31 mars 2022.

Consultation

La Commission canadienne des grains a envoyé par courriel aux intervenants un document de consultation sur la stratégie scientifique comprenant un aperçu de ses travaux scientifiques, et les a invités à y répondre. Au nombre des destinataires figuraient des organisations de producteurs et de l’industrie, des utilisateurs finaux, des représentants du milieu universitaire, du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux, ainsi que des employés de la Commission canadienne des grains. Le document comportait des questions qui pouvaient servir de guide pour la formulation de commentaires. La Commission canadienne des grains a également diffusé le document sur son site Web.

Après la clôture de la consultation, la Commission canadienne des grains a sollicité d’autres réactions pour combler certaines lacunes et ainsi s’assurer d’avoir un portrait exact de la situation. Elle a par ailleurs examiné les commentaires formulés dans le cadre de l’examen de la Loi sur les grains du Canada mené par Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui portaient précisément sur la recherche et les activités scientifiques.

Présentations des intervenants

La Commission canadienne des grains a reçu en tout 39 réponses, dont 24 provenaient d’intervenants externes (12 d’organisations de producteurs et de l’industrie, cinq d’utilisateurs finaux, cinq des gouvernements et une du milieu universitaire) et 15 d’employés et de programmes internes. Le présent rapport résume les observations reçues ainsi que les réponses à l’examen de la Loi sur les grains du Canada.

Ce que nous avons entendu

Recherche et activités scientifiques actuelles

Conformément aux commentaires reçus dans le cadre de la consultation sur l’examen de la Loi sur les grains du Canada d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, les répondants sont satisfaits de la recherche et des activités scientifiques actuellement menées par la Commission canadienne des grains. Plusieurs répondants ont indiqué que les activités menées par le Laboratoire de recherches sur les grains sont conformes au mandat de la Commission canadienne des grains et y contribuent. La plupart des répondants ont par ailleurs affirmé que le Laboratoire de recherches sur les grains concentre actuellement ses travaux de recherche dans les domaines appropriés.

Changement climatique et durabilité mondiale

De nombreux répondants ont indiqué les effets du changement climatique et des phénomènes météorologiques extrêmes sur le rendement, la qualité, la salubrité et la fonctionnalité à l’utilisation finale des grains en tant que domaines de recherche future pour le Laboratoire de recherches sur les grains. En ce qui concerne l’orge, un répondant a indiqué que les risques pour la qualité causés par le changement climatique pourraient inclure une incidence plus élevée de germination avant la récolte, la croissance de champignons qui causent la production de mycotoxines, la floculation prématurée de la levure et le giclage de la bière. Les répondants ont également mentionné l’évaluation des risques microbiens dans les grains, les changements dans la structure ou la composition des grains, les mycotoxines émergentes et le développement de méthodes comme des domaines susceptibles d’être touchés par le changement climatique. Plusieurs répondants ont suggéré que les travaux de recherche futurs pourraient se concentrer sur une meilleure compréhension de l’incidence qu’a l’adoption de pratiques de production végétale durables (p. ex. utilisation réduite d’engrais, réduction de l’empreinte carbone globale et demande de variétés différentes) sur le rendement, la qualité, la salubrité et la fonctionnalité à l’utilisation finale.

Protéines d’origine végétale

Plusieurs répondants ont souligné que la tendance à l’augmentation de la demande des consommateurs pour des protéines d’origine végétale et les possibilités de nouveaux marchés qu’elle crée pourraient avoir une incidence sur la recherche et les activités scientifiques axées sur les grains. Plusieurs répondants ont indiqué que cette situation a fait en sorte d’accroître les besoins de renseignements sur la qualité et la salubrité des légumineuses. Un répondant a noté que la croissance de la transformation à valeur ajoutée des légumineuses au niveau national nécessite des renseignements plus détaillés et propres aux variétés.

Pour faire face à cette tendance, plusieurs répondants ont souligné qu’il fallait mener de la recherche supplémentaire sur les légumineuses et les oléagineux qui sont utilisés plus fréquemment comme sources de protéines pour la consommation humaine. La nécessité de comprendre la variabilité des facteurs qui affectent les caractéristiques de qualité des légumineuses et la façon dont cette variabilité affecte la fonctionnalité à l’utilisation finale des légumineuses traditionnelles et nouvelles ou émergentes est un thème courant. Plusieurs répondants ont indiqué qu’il fallait élaborer des méthodes d’analyse pour évaluer les nouvelles caractéristiques et les nouveaux facteurs de qualité des légumineuses.

Plusieurs répondants ont suggéré que la Commission canadienne des grains effectue de la recherche sur les normes relatives aux protéines pour les légumineuses et le soja alimentaire afin de faciliter la commercialisation et la fonctionnalité à l’utilisation finale. Un répondant a indiqué que les données sur la qualité des légumineuses propres à une variété et à une région deviennent de plus en plus importantes et qu’il est nécessaire de distinguer les légumineuses en fonction de leur pertinence pour une application finale. Un répondant a suggéré qu’il serait possible d’élargir la recherche sur les effets de l’incorporation d’autres sources de protéines (comme les insectes) dans les produits céréaliers.

Enjeux liés à l’accès aux marchés et au commerce

Plusieurs répondants ont indiqué que les enjeux liés à l’accès aux marchés (p. ex., résidus de pesticides, mycotoxines et organismes génétiquement modifiés) continueront d’augmenter, tout comme la demande pour que la Commission canadienne des grains mène des activités visant à maintenir l’accès aux marchés.

Les intervenants ont recommandé que la Commission canadienne des grains mène de façon proactive des activités de recherche et de surveillance afin de s’assurer qu’elle est prête à réagir aux obstacles commerciaux non tarifaires et aux problèmes d’accès aux marchés liés à la qualité et à la salubrité des grains. Un répondant a indiqué que le programme de surveillance des cargaisons de la Commission canadienne des grains doit absolument être en mesure de réagir rapidement aux pressions croissantes liées aux limites maximales de résidus de pesticides dans les produits agricoles et que la communication sur les nouveaux enjeux entre la Commission canadienne des grains et les intervenants doit se poursuivre. On a souligné une occasion d’élargir les essais de fumigants et d’autres produits de protection des cultures dans le cadre desquels les données pourraient aider à évaluer les risques ayant une incidence sur le commerce des grains sur les marchés internationaux en constante évolution.

Utilisation de la technologie rapide dans le classement des grains

De nombreux répondants ont signalé la tendance ainsi que le désir de délaisser l’inspection visuelle au profit de méthodes de classement des grains plus rapides et objectives, dont la technologie d’imagerie. Pour réagir à cette tendance, les répondants ont indiqué que la Commission canadienne des grains devrait envisager d’investir davantage de ressources dans la recherche, l’évaluation et la validation de la technologie d’analyse objective rapide et de la technologie d’imagerie qui pourraient être utilisées tout au long de la chaîne de valeur des grains. Plusieurs répondants ont indiqué qu’il s’agissait d’un domaine de collaboration possible avec des entreprises technologiques commerciales et des fabricants d’instruments. Un répondant a également souligné qu’il était important de suivre le gabarit relatif au transfert de technologie élaboré précédemment dans le cadre de l’examen de technologies visant l’évaluation des facteurs de classement. Ce gabarit prévoit que la technologie doit être acceptable pour les acheteurs de grains canadiens.

Technologies des mégadonnées

De nombreux répondants ont indiqué que l’analyse des mégadonnées devenait de plus en plus populaire. Ils ont indiqué que des possibilités en matière de biostatistique, de bio-informatique, d’intelligence artificielle et d’apprentissage machine existent et se développent.

Les répondants ont indiqué que les technologies des mégadonnées permettraient à la Commission canadienne des grains d’aborder la science d’une nouvelle façon et pourraient se traduire par une plus grande efficacité et avoir une incidence sur les initiatives de recherche actuelles et futures. Plusieurs répondants ont indiqué que la recherche liée à ces technologies pourrait offrir à la Commission canadienne des grains la possibilité de mettre au point des technologies objectives et transparentes de classement des grains et d’évaluation de la qualité.

Nombre de répondants ont aussi indiqué qu’il fallait adopter une stratégie sur les données ouvertes pour diffuser les ensembles de données de la Commission canadienne des grains sur la qualité et la salubrité des grains par l’entremise du portail des données ouvertes du gouvernement du Canada. Les ensembles de données expressément mentionnés par les répondants comprennent ceux sur la qualité du blé et les résidus de produits chimiques.

Rappels d’aliments

Certains répondants ont indiqué que l’augmentation des rappels associés aux aliments à base de grains en raison de la présence de bactéries pathogènes avait des répercussions sur les activités futures. À cela s’ajoute la tendance des consommateurs à se tourner vers des produits céréaliers qui sont traditionnellement destinés à une transformation ultérieure (p. ex., la farine) ou qui portent la mention « prêt-à-manger ». Certains répondants ont indiqué que la demande accrue des consommateurs pour des aliments nutritifs et sains est une autre tendance qui pourrait avoir une incidence sur la recherche et les activités scientifiques du Laboratoire de recherches sur les grains.

Les répondants ont indiqué que l’augmentation du nombre de rappels d’aliments à base de grains pourrait entraîner une augmentation des efforts de recherche et d’analyse déployés pour détecter la présence de bactéries pathogènes dans les grains crus, ce qui pourrait inclure des travaux de recherche sur l’incidence qu’ont les pratiques agronomiques sur les dénombrements bactériens. Un répondant a indiqué que la Commission canadienne des grains pourrait mener de la recherche sur l’incidence qu’a la transformation des grains sur la qualité, la salubrité, la composition nutritionnelle et la qualité des aliments ou des ingrédients destinés à l’utilisation finale. Les répondants ont également indiqué qu’il pourrait y avoir des exigences supplémentaires en matière d’essais et de déclarations préventives en fonction des allégations relatives à la santé et des demandes des consommateurs concernant les produits à base de grains (p. ex., allergènes).

Accroissement de la recherche et des activités scientifiques

Bien qu’il y ait eu des réponses individuelles dans lesquelles les répondants ont suggéré un domaine de recherche ou une activité scientifique en particulier qui pourrait être revu à la baisse, les répondants n’étaient pas unanimes dans leurs recommandations. Les répondants ont recommandé que des consultations soient menées et que suffisamment de temps soit accordé à l’industrie pour qu’elle puisse s’adapter en cas de réduction des activités de recherche ou des activités scientifiques.

La plupart des réponses faisaient état de suggestions relatives aux domaines dans lesquels la Commission canadienne des grains pourrait étendre ses activités de recherche et ses activités scientifiques afin de soutenir davantage le système d’assurance de la qualité des grains et de répondre aux questions relatives à l’accès aux marchés et aux nouveaux enjeux commerciaux. Un répondant a recommandé que les projets de recherche entrepris et parrainés par le Laboratoire de recherches sur les grains soient fondés sur des études économiques et commerciales lorsque l’on envisage de les mettre en œuvre dans le système d’assurance de la qualité des grains du Canada, surtout en ce qui concerne les intérêts des producteurs de grain.

Recherche sur les cultures

La plupart des répondants ont indiqué qu’ils appuyaient les activités de surveillance et de recherche liées aux cultures menées par la Commission canadienne des grains. Les répondants ont exprimé un important soutien à l’égard de la recherche actuelle sur la qualité des récoltes, les effets des facteurs de classement sur les propriétés d’utilisation finale et le développement de nouvelles utilisations des grains canadiens.

Plusieurs répondants ont fait des suggestions sur les possibilités d’élargir la recherche actuelle sur les cultures au sein de la Commission canadienne des grains. Ils ont proposé d’inclure des moyens de soutenir les possibilités de commercialisation du maïs ainsi que des cultures émergentes comme la féverole, le haricot sec, le pois chiche et le lupin. Ils ont également recommandé que de la recherche supplémentaire soit menée sur des cultures non traditionnelles comme le sarrasin.

Plusieurs répondants ont recommandé que la Commission canadienne des grains examine la possibilité d’effectuer de la recherche sur la fonctionnalité des grains dans des utilisations finales non traditionnelles telles que les biocarburants, les bioproduits, l’alimentation du bétail et l’extraction des protéines et de l’amidon. Ils ont également suggéré d’élargir le champ de recherche de la production et de la manutention des grains primaires pour inclure les coproduits du grain à valeur ajoutée (p. ex., la paille et les sous-produits).

Plusieurs répondants internationaux ont souligné qu’il était important de poursuivre la recherche sur les facteurs qui ont une incidence sur la fonctionnalité à l’utilisation finale du blé roux de printemps de l’Ouest canadien (CWRS), notamment les changements dans la composition des variétés de CWRS, les facteurs environnementaux et les variations de la qualité du blé d’une année à l’autre. D’autres répondants ont recommandé que de la recherche supplémentaire soit menée sur l’incidence qu’ont les facteurs de qualité et les protéines d’autres grains (p. ex., les légumineuses et l’avoine) sur la fonctionnalité à l’utilisation finale des nouveaux produits protéiques d’origine végétale (p. ex., le lait d’avoine). Il a également été recommandé que la recherche se concentre sur l’incidence des facteurs de qualité des grains sur le rendement de la transformation des grains afin de fournir des renseignements supplémentaires sur la façon de mieux transformer les grains pour développer des produits alimentaires innovants. De plus, les répondants ont indiqué qu’il convenait de poursuivre la recherche actuelle sur la malterie et l’utilisation finale de l’orge. Plusieurs suggestions ont été faites pour de futurs projets de recherche dans les domaines de la meunerie et de la malterie. Un répondant a également souligné le rôle important que joue actuellement la Commission canadienne des grains dans la sélection de variétés d’avoine.

Plusieurs répondants ont indiqué qu’il fallait mener de la recherche pour mieux comprendre comment les facteurs de classement agissent sur la fonctionnalité à l’utilisation finale. On pourrait ainsi s’assurer que les seuils de tolérance sont établis correctement afin d’équilibrer l’assurance de la qualité et la rémunération des producteurs.

Recherche sur les technologies

Les répondants ont exprimé un vaste soutien à l’égard des activités actuelles de surveillance et de recherche liées à la salubrité des grains et à la biotechnologie. De nombreuses réponses soulignent l’importance des capacités actuelles de surveillance des modifications génétiques, des mycotoxines et des niveaux d’éléments traces dans les cargaisons de grain, et le fait que la Commission canadienne des grains est bien placée au sein de l’industrie céréalière canadienne pour recueillir ces renseignements.

Plusieurs répondants ont donné des exemples de scientifiques de la Commission canadienne des grains et de données de surveillance qui ont été utiles pour l’élaboration de règlements canadiens et internationaux. Un répondant a indiqué que dans un cas, les données de la Commission canadienne des grains ont empêché l’adoption injustifiée de nouvelles contraintes réglementaires sous la forme de limites maximales pour les mycotoxines.

En ce qui concerne les nouvelles activités, un répondant a suggéré que la Commission canadienne des grains joue un rôle accru dans la validation des trousses de test rapide pour les mycotoxines. Un autre a recommandé d’élargir la recherche sur les effets possibles de la transformation sur les contaminants chimiques. Les méthodes de détoxification des mycotoxines dans les grains ont également été suggérées en tant que domaine à approfondir. Un répondant a souligné qu’au-delà des céréales, les perceptions des clients et des consommateurs à l’égard des résidus chimiques sont une considération importante pour le soja.

Un répondant a fait remarquer que les consommateurs de grain canadien continuent de poser des questions et de demander des renseignements supplémentaires sur la biotechnologie. Ils ont indiqué qu’il s’agit d’un domaine important qui pourrait être élargi afin d’améliorer le soutien et l’intervention en ce qui a trait aux questions d’accès aux marchés et aux nouveaux enjeux commerciaux.

Surveillance de la qualité des cargaisons

Les répondants ont indiqué que la surveillance de la qualité des cargaisons et les analyses des chargements de grain destinés à l’exportation pour évaluer les facteurs de qualité et de salubrité constituent un élément important et précieux du système d’assurance de la qualité des grains du Canada. Plusieurs répondants ont souligné le rôle important que jouent les données générées par ces activités pour résoudre les problèmes d’accès aux marchés. Les répondants ont indiqué que les données à long terme générées par la surveillance de la qualité des cargaisons sont fiables; certaines lacunes ont toutefois été cernées (c.-à-d. certains grains et les exportations par conteneur). Un répondant a suggéré d’inclure la surveillance des microorganismes phytopathogènes et des microorganismes de quarantaine.

Soutien à l’enregistrement des nouvelles variétésNote de bas de page 1

Tous les répondants qui ont commenté les évaluations de la qualité effectuées par le Laboratoire de recherches sur les grains à l’appui de l’enregistrement des variétés étaient en faveur de celles-ci et ont indiqué que ce travail est important pour l’industrie. Un répondant a suggéré que ces évaluations soient entièrement financées par des crédits gouvernementaux.

Programme d’échantillons de récolte

La plupart des répondants ont indiqué que le Programme d’échantillons de récolte fournit des renseignements utiles non seulement aux producteurs, mais aussi aux marchands et acheteurs de grain. Selon un répondant, les données produites et publiées sur le site Web de la Commission canadienne des grains sont source de confusion pour les consommateurs de blé canadien, car Cereals Canada génère également de l’information sur la qualité des récoltes.

Plusieurs répondants ont laissé entendre que le Programme d’échantillons de récolte gagnerait à faire l’objet d’activités de communication et de rayonnement accrues. Le programme pourrait alors être élargi de façon à atteindre plus de producteurs, inclure plus d’échantillons et représenter davantage de cultures produites au Canada. Un répondant a souligné que le programme d’analyse se devait d’être renforcé grâce à l’ajout de l’analyse des matières grasses dans les légumineuses. Le même répondant a indiqué qu’il fallait également étendre la portée des analyses de qualité des légumineuses au-delà des pois et des lentilles afin d’inclure des cultures comme les pois chiches, les haricots secs et les féveroles. Un autre répondant a suggéré que les ressources consacrées au Programme d’échantillons de récolte soient augmentées afin de permettre la réalisation d’analyses plus approfondies de la salubrité des aliments destinés à la consommation humaine et animale.

Services analytiques

Les répondants ont exprimé leur soutien à l’égard des Services analytiques de la Commission canadienne des grains et de ses analyses facturées à l’acte. Un répondant a laissé entendre que les analyses de la Commission canadienne des grains deviendront de plus en plus importantes en raison des obstacles commerciaux non tarifaires et des problèmes d’accès aux marchés liés à la qualité et à la salubrité des grains. Un répondant s’est dit préoccupé par la capacité limitée de la Commission canadienne des grains à effectuer des analyses facturées à l’acte de façon rapide et souple. Un autre répondant a par ailleurs indiqué que l’on pourrait élargir les services afin de répondre à la demande des transformateurs d’ingrédients de soumettre des échantillons à un laboratoire digne de confiance aux fins d’analyse fonctionnelle.

Financement

Plusieurs répondants ont formulé des commentaires sur le financement de la recherche à la Commission canadienne des grains. La plupart ont déclaré que la recherche est un avantage public et ont recommandé que le Laboratoire de recherches sur les grains soit financé uniquement, ou dans une plus grande mesure, par des crédits gouvernementaux. Cette recommandation rejoint les commentaires des intervenants reçus dans le cadre du processus d’examen de la Loi sur les grains du Canada d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les répondants ont fait remarquer qu’un modèle de financement stable, indépendant des recettes liées à l’inspection et à la pesée des grains, est indispensable pour que l’on puisse mener des travaux de recherche à long terme qui soient pertinents pour les producteurs et la chaîne de valeur des grains. Ils ont noté que ce financement devrait être indépendant de l’industrie privée et ne pas reposer sur un modèle de financement par subvention à court terme comme celui utilisé par le milieu universitaire et les instituts de recherche.

Infrastructure et technologie

Plusieurs répondants se sont dits préoccupés par l’insuffisance des locaux et du matériel de laboratoire de la Commission canadienne des grains nécessaires à la recherche et aux activités quotidiennes. Plusieurs répondants ont recommandé que la stratégie scientifique comprenne un plan pour l’obtention de nouvelles installations et de nouveaux équipements afin que le Laboratoire de recherches sur les grains puisse répondre aux besoins futurs en matière de recherche. Outre les locaux, les répondants ont souligné qu’il fallait moderniser et mettre à niveau les technologies et disposer d’un plan permettant de s’adapter rapidement aux progrès technologiques et aux innovations.

Collaboration et communication

De nombreux répondants ont affirmé qu’ils apprécient et accueillent favorablement les possibilités de collaboration et de consultation avec le personnel de la Commission canadienne des grains en ce qui concerne la recherche et les activités scientifiques. Bien que les répondants aient indiqué que le personnel du Laboratoire de recherches sur les grains collabore déjà beaucoup avec les intervenants externes, ils ont formulé de nombreuses suggestions pour créer d’autres occasions, dont les suivantes :

  • accroître la collaboration, la coordination et le partage des locaux et du matériel de laboratoire avec d’autres ministères et organismes du gouvernement fédéral (c.-à-d. Agriculture et Agroalimentaire Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Santé Canada, l’Agence de santé publique du Canada et Environnement Canada);
  • accroître la collaboration scientifique et opérationnelle avec le Federal Grain Inspection Service du département de l’Agriculture des États-Unis;
  • collaborer avec les établissements d’enseignement, les gouvernements provinciaux, d’autres entités à vocation scientifique, les laboratoires privés et les intervenants de l’industrie pour résoudre les problèmes actuels et atténuer les risques liés au commerce des grains;
  • collaborer avec les sélectionneurs de variétés, l’industrie et les utilisateurs finaux pour ce qui est de caractéristiques singulières en matière de qualité de transformation et de nutrition afin que les grains canadiens puissent conquérir des marchés de premier ordre.

Quelques répondants ont indiqué que les membres de l’industrie des grains et les producteurs ne sont pas suffisamment au courant de la recherche menée par la Commission canadienne des grains. Ils ont souligné l’importance d’une communication accrue et plus constante.

Prochaines étapes

La Commission canadienne des grains tiendra compte de tous les commentaires reçus au cours de la consultation dans le cadre de l’élaboration de sa stratégie scientifique. Merci à tous ceux qui nous ont fait part de leurs commentaires et de leurs suggestions.

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