Classement des grains au Canada

Grades de grain

Au Canada, les grades de grain définissent la qualité du grain. Les grades désignent la qualité finale d’un grain, c’est-à-dire la manière dont les caractéristiques du grain influent sur le rendement durant le traitement (la quantité de farine produite durant la mouture, par exemple) ou la qualité du produit final (la texture de la pâte cuite, par exemple).

Les grades sont au cœur des transactions de l’industrie du grain au Canada. Ainsi, un producteur reçoit son paiement selon le grade du grain livré. Un négociant en grains reçoit le paiement d’un client national ou étranger selon le grade du grain vendu.

En vertu de la Loi sur les grains du Canada, la Commission canadienne des grains a la responsabilité d’établir et de tenir à jour le système de classement des grains au Canada.

La plupart des pays producteurs, exportateurs ou importateurs de grains utilisent des grades.

Exigences contractuelles et grades de grain

Les acheteurs peuvent se procurer du grain canadien en fonction du grade ou d’exigences contractuelles. Bien que la Commission canadienne des grains établisse et réglemente le système de classement des grains au Canada, elle n’exige pas des producteurs ou des négociants qu’ils utilisent les grades dans le cadre de leurs transactions. Les exigences contractuelles peuvent servir à préciser les qualités recherchées, ce que le système de classement ne permet pas.

Facteurs de classement

Les grades sont attribués en fonction de l’aptitude d’un échantillon à respecter les tolérances des divers facteurs de classement. Un facteur de classement représente l’état physique du grain. Cet état peut être le résultat des conditions de culture, des procédures de manutention ou des méthodes d’entreposage. Un facteur de classement est une caractéristique visible qui indique une réduction de la qualité.

Exemple : grains germés

La germination des grains constitue un facteur de classement du blé. Les dommages surviennent lorsque les grains de blé commencent à germer avant leur récolte. À ce moment, les grains libèrent une enzyme appelée alpha-amylase, qui décompose l’amidon contenu dans le grain.

La capacité d’absorption de l’eau de la farine tirée des grains germés est inférieure, et la pâte qu’on en fabrique retient moins d’eau durant la cuisson. Le boulanger doit donc utiliser plus de farine pour faire le même nombre de pains. De plus, le pain fabriqué à partir de cette farine est collant, difficile à trancher et moins attrayant pour le consommateur.

Établissement et modification des grades de grain

Au Canada, les grades de grain sont établis ou modifiés après un examen attentif et des recherches approfondies. Bien que le système soit assez souple pour répondre aux besoins changeants des producteurs, de l’industrie et des consommateurs, il est également stable et fiable.

La Commission canadienne des grains établit les normes et les caractéristiques des grades de grain en fonction des recommandations formulées par le Comité de normalisation des grains de l’Est et le Comité de normalisation des grains de l’Ouest. Chaque comité se compose de producteurs de grains, de représentants de la Commission canadienne des grains et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que de manutentionnaires, de transformateurs et d’exportateurs de grains.

En bref, un enjeu relatif au classement est porté à l’attention de l’un des comités de normalisation, qui en discutera. Après les discussions sur l’effet potentiel de l’enjeu sur l’industrie du grain au Canada ou ses clients, le comité peut recommander une étude plus approfondie. À la suite des recherches et des consultations, le comité peut recommander que la Commission canadienne des grains change les tolérances actuelles du système de classement.

Exemple : grains fusariés

Le seuil de tolérance pour les grains de blé endommagés par la fusariose a été modifié en 2011.

Les grains de blé fusariés se caractérisent normalement par des grains minces ou échaudés d’apparence crayeuse. La fusariose est causée par le Fusarium graminearum, champignon qui infecte le blé. Celui-ci contient du désoxynivalénol (DON), une substance toxique tant pour les humains que pour les animaux.

Les seuils de tolérance s’appliquant aux grains fusariés ont été ajustés, car les résultats des recherches menées par la Commission canadienne des grains ont révélé qu’une nouvelle souche du Fusarium graminearum contenait une quantité accrue de désoxynivalénol par rapport aux autres souches. Cela signifiait que la relation entre la quantité de grains fusarisés et la teneur en désoxynivalénol n’était plus exacte. Il fallait donc rajuster les seuils de tolérance afin que les chargements de blé respectent les seuils établis par les clients.

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